LA QUESTION JUlVE 225 d'Orléans ne pardonna jamais les services rendus par le financier et l'homme politique. C'est le golrrernement de Juillet, également . . . , qm livra les chemms de fer à M. de-Rothschild, c'est-a-dire l'industrie française ; car la direction des chemins de fer entraînait avec elle la direction de l'outillage industriel immense qu'on dut créer pour leur construction. La République de 1848 ne fit que passer, non sans subir le c61ltre-coup des désastres financiers pro-voquéspar la finance. C'est parce que la deuxième république, en effet, ne sut pas faire face aux difficultés de la crjse née des spéculations de 1844-47, sur les chemins de fer, qu'elle fut condamnée a sombrer. Rappellerons-nous les scandales financiers de l'Empire, le procès de Mirès, les exploits de la dynastie des Pereire? Ils sont encore présents dans la mémoire de quiconque a un peu étudié le mouvement financier contemporain. L'Empire acheva ce que la Restauration et le gom·ernement de Juillet avaient si bien commencé : la consolidation des hauts barnns de la finance, désormais retranchés dans des forteresses de pri-,,-ilègesinexpugnables. La période républicaine de 1870-78, durant laquelle les conservateurs occupèrent le pouYoir, fut aussi une époque de riches prélèvDments pour la finance de toute nationalité, et je ne sache pas que les gouvernants d'alors aient rien tenté pour empêcher M. de Rothschild d'accroître sa puissance, au contraire: tout le monde sait a quelles spéculations énormes donna lieu l'emprunt de 5 milliards couvert 44 fois. Si on voulait énumérer toutes les affaires montées de 1871 a 1878 sous l'œil bienveillant de M. Thiers et du maréchal de Mac-Mahon, sous la protection effective et même la direction du duc Decazes et du duc de Broglie, les pages de la Revue ne suffiraient pas. Et c'est après que tous les régimes antérieurs à la République ont permis a la finance juive de s'emparer dtis immenses monopoles grâce aux.quels elle peut aujourd'hui braver impunément les foudres légales du gouvernement assez hardi pour la troubler dans l'exercice de sa souveraineté - c'est après cela que les conservateurs, les aristocrates, viennent crier : sus aux Juifs et à la République qui les protège! Mais si les gouvernants républicains avaient eu la moindre velléité de s'affranchir de la tutelle financière qu'ils trouvèrent installée au pouyoir quand ils prirent le gouvernement, le parti conservateur n'eut pas eu assez d'anathèmes pour flétrir ces tentatives. Nous avons yu, depuis 1878, maint projet de loi déposé par des républicains avancés, dans le but de rogner les ongJes a la puissance capitaliste. Qui donc s'est opposéavec le plus d'énergie à leur adoption? , La droite consenatrice en masse. C'est par l'accord de la droite avec une fraction du parti républicain, la minorité souvent, qu'ont 15
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