222 LA REVUE SOCIALISTE ùe la réconciliation, entre les classes aujourd'hui séparces par les haines Yiolcntes que les Juifs suscitent et entretiennent. La guCl·re aux Juifs est <loncpour le prolétaire le moyen d'afü·anchissement; c'est elle qui le libé1·c1·a<lel'oppression capitaliste actuelle, dont les Juifs sont l'expression ,la plus pal'faite el la plus oclieuse. Telle est la thèse géné1·,üc soutenue par M. Drnrnont avec une violence d'anathèmes qui, dans la France juive et <lansla Fin d'un monde, atteint souvent à l'éloquence. C'est celle qui a été exposée dans la réunion tle I euilly par ~l. le marquis de Morès, réunion convoquée ayec le concours d'un comité boulangiste et à laquelle un certain nombre de députés conservateurs et <lemembres notables de l'aristoc1·atic française a-vaicnt cru devoir se remlrc, afin de mai·- quer que le mouvement antisémite confonù dans la même réprobation les Juifs et la République. Car aux yeux des antisémites, c'est la République surtout qu'on rend responsable oc l'extension croissante prise par le capitalisme juif. M. Drumont affirme, il est ,-rai, qu'il ne poursuit aucun but politique en attaquant les Juifs; qu'il n'est pas mû davantage par aucun mobile i-eligieux en les dénonçant à la haine et au mépris des Français. Nous sommes pc1·suadé qu'il est de bonne foi ùans ses affirmations. Mais qu'il le veuille ou non, dans tout ce qu'il écrit, percent les ressentimrnts clucatholique clont la croyance est menacée par le cours naturel ùes choses. Car l'auteur clcla France jufoe est un catholique ardent, un féodal au sens histo1·iquedu mot, pour lequel l'ordre social inauguré par la Révolution constitue une organisation abominable. Aussi confond-il la Révolution et les Juifs dans le même anathème. Il n'est p<1sroyaliste, imns doute, au sens étroit que les partis politiques actuels atkibuent à ce mot: il a même flagellé impitoyablement les membres des familles royales dont les accointances aYecla finance jui-vesont notoÏl'es. L'aristocratie n'a pas plus trouvé grâce clc,ant lui, quand il a constaté l'état d'éneevement et de clécadenccirrémédiable ûans lequel sont tombés les surviYants de la nobles~efranc:aise. Mais la Révolution est surtout, avant tout, l'ennemi, l'muvre de Satan et la République, aboutissant logique et naturel lle la RéYolution, le gouvernement qu'il faut combattre à outrance; M.Drumont a ressuscité en le parodiant, lo mot grossier de Cassagnac:« Sitous les républicains ne sont pas des Juifs, tous les Juifs sont 1•épublicains. » Dans ses pamphlets les termes « maçonnerie » et c. juiverie,, sont indifféremment employés pour qualifier les manœuvres <lela spéculation financière ou les intrigues politiques à l'aide desquelles cette spéculation accroît le champ de son influence et de ses privilèges, dépouille les capitalistes catholiques, chrétiens, qui comme M. Bontoux, sont les victimes innocentes des infernales machinations républicaines. A la réunion de Neuilly, on a peint en
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