La Revue socialiste - 1890 - Tome XI - vol 01

204 LA REVUE S JCIALISTE dans l'ignorance. Il pcr<l <le sa seusibilité, de sou hun1ilité, <le sa soumission aux. pou\'Oirs, a mesure qu'il s'éclaire et s'instruit. Les ouy1•iers sont les nègr·es do l'Eut'ope et clu nonYca.u rnoncle. Il ne faut pas r1u'un nègTo raisonne. C'était le calcul que faisaient il n'y a pas un <1uart<lesièdc, les 1n·cuem·s<l'esclaYes, mais c'est celui qul' tiennent au,iotml'hu1 les rnaîtl'Cs des ouvriers. Toute tenta.Live cl'instruil'e et d'émanciper le peuple est un outrage à lem·s pt·iYilèp:es. C'est cc qu'ils nomment une révolLe contre la société! Ils ne saYent ùil'e aut1•echose. li:- évitent soigneusement de s'expliquer. Ils ont pem· <l'aborder le n-ai point de la question. Ils nous appellent assassins et dynamiteues. Une insulte est plus facile à trouYer pour raison, l\lais lisez <lonc l'histoire, :\Iessieu,·s ! Yous dites : Yoilit d('s hommes comme on n'en a;vait jamais Yu. Je Yois r1ue, quoiqu'ayocats et légistes, Yous ête:: bien mal Yen;és dans yos étlHles professionnelles. Faut-il vous Caire la lec:on? Le reproche que vous nous aù1·cssezest celui qu'ont jeté a la tête de tous les philosophes et tlc tous los 1•éformateurs les peêtres des pouvoirs établis. Ils savaient bien ce qu'ils faisaient. Mais c·ust assez d'être YictimC's,nousne pouyons consentir à ètl'e dupes. Qu'ayons-nous clit et 1·épété dans nos cliscou1·set nos journaux.? Il est, je le Yois nécessaire, clevous l'apprernlre, cc n'C'st 11ourtant pas un rnysté1·e. Nous adressant à la masse tl'availleuse, nous lui avons fourni l'intel'prélat ion !lCsa p1·opt'eexistence et des relations qu'elle ent rC'tient aycc le reste de la société. Nous nous sommes efforcé de lui donnol' conscience d'elle-même. A l'aide de l'investigation scientiflque, nous avons prouyé inéf utablcment et fait penéti-er Llans leurs cerveaux cette vé1·ité : Le système du sala1fat est une iniquité sociale tellement monstrueuse qu'elle c1·ioau ciel. Puis nous avons, <léYelo1ipant cette iclée,montré historiquement que le système clusalariat n'est qu'une forme t1·ansitoire -- une étape - dans la transformation incessante des espèces sociales. Une forme plus haute est en train de se constituer. Le salariat, le prolétariat doit clisparaiL1·0 et oun-i1·, en llispamissant, la voie a un système social clocoopération communiste et anal'chistc. C'est la logique même dos choses. Il n'est pas ici question de choix., mais de nécessité historique. Qu'on le Yeuillc ou non. le communisme anarchiste est le maître futur du monde. Une libre société se formera, sans princes ni classes, une société d'égaux. - économiquement égaux - qui sera stahle parce qu'elle aura réalisé les conditions naturelles de l'équilibre et rlc l'ordre, Yoilà ce que nous disons. Bien entendu, nous n'espérons pas que cette conception entre en l'esprit <lel'honorable Bonfield et ,le l'honorable G1·inncl.Ils ne peu-

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