190 LA REVUE SOCIALISTE sentative; la pression de l'opinion publique était irrésistible; il fallait agir. Mais le triumyfrat Milutinc, Samarine et Tscherkasf-ki n'était plus la : p1·0Dtantdu trnuble causé par l'insurrection polonaise, la fraction rétrograde de la noblesse et de la haute bureaucratie avait réussi à écarter toute influence libérale de l'entourage immédiat ùe l'empm·em·, à 1·endre suspect à ses yeux toute réforme énergique, à faire miroitee devant lui le fantôme imaginaire cl'ins1u·rections dans les provinces russes, à lui imposer comme une précaution indispensable, sans laquelle le trône serait en danger, la fatale résolution <lene pas 1·éunir d'assemblée nationale, de s'en tenir aux assemblées de provinces, et, pour comble de malheur, de donner clans ces assemblées mêmes une place prépondérante à un fonctionnaire nommé par l'État, tenant tous ses pouvoirs de lui et responsable uniquement deYant lni. Telle est l'origine rles zemstvos et de lelll' forme actuelle. A peine institués, ils se mirent à l'œuYre : sans se lancer dans rles théories oisem,e!'-<, lans,les rliscussions futiles, dans de coupables intrigues, les zemghos se sont tournés dès le début, avec une modestie, un zèle et un déYoueme1itnaiment admirables, Yers les questions les plus urgentes conceniant lo bien-être général : routes et communications, 1·épartition des impots, serYice sanitaire, écoles rurales, etc. << Le premier usage que les provinces ont fait du droit de se taxer ellcs-même8, dit un obse1-i:atem· aussi impm·tial que compétent, l\I. Leroy-Beaulieu (L'empire des tzars, YOl. II, p. 202), a été en fareur de l'enseignement du peuple. ne tels effo1·ts font honneur a une nation. Ce qui n'est pas moins cligne de remarque, c'est que, !le tous les zemst-rns, celui 4.ui, à cet égard, occupe le premier raug est celui de Viatka, lequel par exception, est en grande majo1·üé composé de paysans. Cette assemblée de moujiks consacre 1.000.000 francs, soit un cinquième enyit•on de ses ressources, à l'instruction du peuple. D'une manière générale, plus les paysans comptent de représentants dans les états proYinciaux, plus gl'an<1s sont les sac1·ificesde ces derniers en faveur des écoles rurales. Il y a quelque chose <l'encourageant, pour l'avenir de la Russie, à voir ceg paysans, souvent eux-mêmes entièrement ùénués d'instruction, s'imposer librement pour en ùonner à leurs enfants. » « Les zemstvos, dit encore le même écrivain, ont fait pour le service sanitaire ùe larges sacrifices, et si, depuis une quinzaine rl'années, la mortalité a déjà considérablement décru, c'est à eux t!u'en doit revenir l'honneur. » EL, en parlant des ravages immenses que causent en Russie les incendies, notre auteur constate que les zemstvos ont institué dans les campagnes l'assurance mutuelle obligatoire, qui est un réel bienfait pour le peuple. Enfin (livre V, chapitre 2), il ajoute :
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