186 LA REVUE SOCIALISTE commença néanmoins à fonctionner en 1866, sous l'égide et le contrôle cleson frère, M. Vladimir Louguinine. Ce contrôle, dit celuici, alla du reste en diminuant a mesure que les associés s'initiaient au mécanisme de la banque. Vingt ans après sa fondation, elle comptait 300 associés et s'adrninü;trait elle-même; elle est actuellement en pleine>pl'ospérité, et ses opérations annuelles s'élèvent à plus cle 10.000 francs, ce qui est, ajoute M. Louguinine, un résultat considét-able pour une localité isolée, sans industrie particulière et peuplée tle bûcherons. L'exemple fut rapidement suiYi sur un grand nombre de points. En 1881; les banques coopératives rle crédit étaient au nombre de 959; elles ne jouissent pas toutes de la même prospérité et se répartissent, au point cle vue de leur succès et cle leur ::;olidité, de la manière 8tfr,ante : 118 Yégètent d'une vie précail'e et finiront sans doute par clisvaraître; 253 se maintiennent passablement à niveau; 588 ont un aYenir assuré. Le nombre de ces banques a augmenté depuis, et va toujours croissant; elles n'ont plus d'autres adYer- ::;aires que quelques personnes informées par hasard de tel ou tel insuccès local, et qui ne ::;esont point donné la peine d'étudier l'ensemble du mouvement. La somme totale que ces banques ont prêtée à leurs associés de 1870 à 1880 est cl"em·iron 240 millions de francs, sur lesquels les associés emprunteurs ont payé a peu près 12 millions d'intérêts, clont près de 1 millions leur sont revenus sous forme de bénéfices, de sorte qu'en réalité, ils n'ont guère payé que le 4 010. Sans ces banques, où auraient-ils trouvé de pareilles sommes, et quels intéréts énormes n'auraient-ils pas dû payer? Et notez qu'en faisant Yaloir ces sommeRclans leues travaux agricoles et autres, en les employant à des achats d'engrais, d'outils perfectionnés, etc., ils en ont retiré un bénéfice de 88 millions de francs! Voilà ce quo peut l'initiatiYe d'un seul homme. pourvu <1u'ilsoit clésinté!'esséet poussé uniquement par le désir sincère de fafre du bien à ses semblables malheureux. Honneur à la mémoire de Sviatoslaw Louguinine ! III Apri>savoir ainsi acquis une idée approximative de la situation du peuple 1·usse, de ses souflrancos et des traits les plus caractéristiques de sa vie sociale, nous pouvons jeter un rapide coup d'œil sur la situation générale de la Russie au point de vue politico-social. Le tsar, avons-nous dit, e::;t,aux yeux des masses, un <:,hepf olitique, religieux et paternel, entravé dans le bien qu'il voudrait faire à son
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