11 LA fiEVTJE SOCIALTSTE la malproprcto était g6n6ralo; les ateliers, disent-ils, sont imprégnés de miasmes et do vapeurs nauséabondes telles, que les personnes qui n'y sont pas habituées, au bout <le quelques minutes, sont prises de nausées et obligées de s'éloigne!'. Ln. fabrique dr Culnin('de M. Oustimof est construite sur un sol impt·égtHi<l'une eau infecte, qui remonte le long- des murs: l'eau du puits sent mauvais, et néanmoins on la boii, et cllr sert a la préparation <lesaliments. 'fout le b.ltimcnt est vieux, étl'Oit,cx.trômemcnt malpropre, et n'a jamais ét6 <lésinfcctci, bien que de temps à autre la ville le loue pour y la,qercles soldats. Le mé<lecin-inspccteur clu quartier clc Souschewskaïa, à Moscou dit aussi, <1::tnson l'appoet, que les <1uatorzcfabriques clegants qui se ti·ouvcut dans co quartier sont ég·alomcnt nuisibles pour les ouuio1·s qui y traYaillcnt et pour les habitants du voisinage. Elles emvoisonncnt l'air par leurs émanations méphitiques et imprégncnt le sol de substances mah,aincs ... La plumr se 1'cfuse a décrire l'horrible tablrau que présentent ces fabrir1ues. Pour en juger, il suffit de clirn <1ucles caves dans lesquelles les peaux sont nettoyées et ,légmissées s01•yr1lten môme temps do dor(oi1·s aux. ouvriers et à leurs familles. Dans c0t·tai11estiss01·ies ,le lin du clépartoment <le \Vladimil', les ateliers sont formés de petites chamhrcltes ùont chacune a de 5m70 à 61 " 1lû de long·, do 5 m. à 7"'70 de lal'ge et <le 1"'50 à zm25 <le haut, et qui ne sont ni parquetées ni pa\·écs; do plus, pour gagnor un peu clcplace, le plancher rst abaissé au-dessous du niveau du sol, qui suinte d'humidité; point cleventilat.cul's, point do vasistas aux. fenêtres; le soir, l'éclairage est fourni par du pétrole brûlant à nu dans une bouteille. (Abrnmoff, 1882.) En parlant des ve1·rc1·iesdu prince Menschikoff, département ùc MoHcou,M. Erismann s'exprime comme suit: « Les ateliers dans lesquels se tait le mélange de chaux el d'argile sont construits de la manière la plus primitive . Les blocs de silicate et les débris de verre sont pulvérisés à la main an moyen de marteaux ; la chaux est broyée et passée au tamis; il n'exigtc aucune ventilation. Les ouvriers de cette fabrique sont chétifs, cachectiques, anémiques ; ils portent le sceau d'une fatigue extrême, qui détruit toutes les forces de leur organisme. Au dire de l'un des chefs des travaux, il n'y a pas un seul homme sain dans l'usine. Ils n'y résisteraient pas, s'ils ne reprenaient un peu de force et de santé pendant leur séjour périodique à la campagne. » Telles sont los conditions du tra,·ail à l'usifü' ; celles de ln vie ùes ouHiors en dehors du tra-rail ne valcnl. guère mieux. et, si possible, sont encore pü·es. Pour s'en convaincre, il suffit de jeter un coup d'œil sm· lems logements et sur lem· alimentation. Les ouv1·ie1·svenant des villages Yoisins de la fabrique rentrent
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