170 LA REVUE SOCIALISTE pai· l'J~tat, quo ile Yi<'uxp1·éjugés, que d'et•rcurs ou pla ce sous ce mot sans le savoir 1 Sur la foi cle la première apparence, sous le juste et inconscient souvcnil' aussi de cruelles malversations enregistl'ées par L'histoire, l'opinion com·ante, la langue même nous présentent le privilège <lel'Etat en matiè1·0de monnayage comme un dPoit fructueux, nous disant que « battre monnaie » c'est faire de l'argent, c'est se créer des 1·essom·ccs.Longtemps, enfin, on a cru quo la valeur rle la monnaie tenait à l'apposition de l'effigie du prince. Comme tout cela est clésormais démodé, cout.raire au rôle de l'Etat, rl(,sayouépa1·la. réalitè des choses! Quel privilège l'Etat cxm·cc-t-il quarnl, a tout pai-ticulict· qui lui app<H'Leun lingot, il remet 110 la monnaie, valent• pour valem·, souvent eu ga1·dant cnco1·cdes frais d'alliage et clepoinço nnage a sa charge? Eu quoi l'Etat « bat- il monnaie » au Yicux.sons, au sens courant du mot. quand il achète des lingots sur le marché, aux prix courants du marché et qu'au prix clesmêmes cha1·ges et ira is, il renù au mat>chéde la monnaie métallique, toujours yalem· po ur valeur? Non, donc, encore une fois, avec la monnaie vraie, l'Eta t. ne fixe rien, n'est rien, ne gagne rien. Voilà cc ciu'cst la monnaie, la droite et vraie monnaie, comment, clans quelles con<litionselle prend nai::;sanceet parait sur le marché social. Et maintenant, en regard, parlant d'une manière g énérale, qu'est-ce que la fausse monnaie? En so reportant à la définition de'tout à l'heure, la fausse monnaie, contraire de la monnaie vraie, est naturellement « celle qui -vaut moins comme matière que comme monnaie ». Et comment, dans quelles conditions paraît-elle et se co mportet-ellc sur le marché social? La p1•emiè1·eiclécqui s'ofire dans ce cas à l'esprit est celle de ces monnaies qu'une main criminelle lance clans la c irculation publique trompée et spoliée, soit en altérant une mon naie vraie, 80it en couwant d'un poinçon contrefait un alliage sans v aleur. ~Iais il est une autre so1·tede fausse monnaie, moins ape rçue, on pourrait dire inaperçue, non point réprouvée ni poursu ivie, mais admise, autorü;ée, respectée, c'est celle-là particulièrement qu'il nous est utile de consulter pour notre cause. Et en etret, est-ce que les gouvernements n'émettent p as aussi des « monnaies » qui valent moins comme matière que comme monnaie? Eh bien! oui, sans nul doute et le fait même est usuel. Il n'est iuère d'Etats qui ne comptent dans leur cir culation métallique des monnaies dites (< monnaies do billon » et qui ont précisément ce caractère.
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