Hl8 LA REVUESOCIALISTE d'autre part, mêmes <lommagessociaux quelles que soient la forme ,le l'émission, la main dont elle émane, la bourse qui en profite, les ilocirines donLon l'appuie. Ce qui est combattu ici, c'est le BrLLET DEBANQUEen Roi,le BILLETDEBANQUEen général. La question ainRi posée, qu'e •t-ce quo le BILLET DE(BANQUE? NoLi·eYieux Montaigne, toujours d'eRprit si fin et si juste, disait que « la lJlupart des occasions des troubles du monde sont grammairiennes ». Ecoutons sa leçon et commençons par une définition. Tout Billet émis pa1·une Banque est-il forcément pour nous une fausse monnaie, 1·ienque du fait de son émission? Non. Supposon~ qu'une Banque priYilégiée ou non, a1'ffiéed'un capital libre, d'une réelle et personnelle encais~e de deux cents millions, émette des Billets au portcm· et à Yue pour cette même somme; qu'elle les émette ainsi parce qu'elle-même et sa clientèle y trouvent pareillement avantage pour leurs affaires, à coup sûr, l'opération n'a rien d'illégitime, le Billet rien de reprochable. Qu'est-il? Il est la monnaie ailée, plus facile à compter, à transpo1-tee,à transmettre, sans frais, sans erreu1·, douée d'une vitesse double ou triple ou quadruple et accusant pal'fois cette supériorité sur la monnaie métallique en faisant prime sur cette monnaie même. Mais, en somme, son rôle est net. Le BILLETest doublô d'une part constante de monnaie métallique. Il en est le représentant. Tout en circulant, il y tient Yaleur pour valeur, franc pour franc, comme par un fil. En réalité, aYec lui c'est elle qui circule. Cc n'est pas celui-là qu'on peut qualifier de fausse monnaie. Mais une Banque, p1·ivil~giéeou non, émet des Billets au porteur et à vue au-delà et le plus souYent immensément au-delà ùe son encaisse et partant sans aucune pa1·t correspondante d'encaisse. Puisque toute l'encaisse métallique circule avec le premier Billet, il est clair que ce dernier n'est plus doublé de monnaie métallique, n'est plus le représentant d'une monnaie métallique; qu'en conséquence, pour être quelque chose, il faut qu'il le soit par lui-même. Or, c'est de cc Billot seul, mais cle ce Billet que nous disons que l'émission est un acte de faux monnayage; qu'il est et est formellement de la fausse monnaie; qu'il en a tous les caractères, tous les effets économiques. Qu'on ne se presse pas d'opposer l'opinion financière et l'opinion courante, l'im·raisemblance que tant de gens aient tort, les démentis et notamment celui-ci que le Billet de Banque n'est pas monnaie, n'entend pas être une monnaie. Nous allons voir, en deux mots, les objections se résoudre et la Yérité apparaître. Pour cela, demandons-nous iout d'abord ce que c'est que la monnaie vraie. La monnaie vraie? Il y a plus de rleux mille ans qu'elle a été
RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==