LE BILLET DE BANQUE 167 LE BILLETDE BANQUE ~ FAUSSE MONNAIE La question du renouvellement du privilège de la Danque de France, qui va prochainement venir devant nos Chambres, réveille pour tous les hommes qui s'occupent d'économie sociale, la question générale des banques. Qu'est-ce que la question générale des banques? De nos jours, c'est la question de l'émission du billet dit BILLET DE BANQUE. Or, sur ce point, plusieurs opinions sont en présence ou, si l'on veut, les hommes d'Etat, les financiers, les économistes, les socialistes se partagent entre plusieurs partis. Les uns demandent la liberté d'émission du BILLET DE BANQUE, d'autres veulent en réserver le privilège à une institution déter .. minée, à une compagnie comme chez nous la Banque de France; d'autres, enfin, entendt,nt que si un privilège est établi, si un monopole est institué, il le soit du moins dans les mains et au profit de l'Etat. L'opinion qui va se formuler ici est tout autre, nouvelle, presque inconnue, en butte à toutes les hostilités des habitudes, des opinions en cours, des intérêts, et particulièrement à celle qui se traduit si volontiers par la:conspiration du silence. Elle entend so1.ltenirque le BILLET DE BANQUE, qui fait officede monnaie, n'est et n'est, dans les termes les plus formels, qu·une fausse monnaie; que fausse monnaie, il a dans le monde social toutes les conséquences d'une fausse monnaie semée dans des proportions colossales; qu'en consé- - quence, l'émission du BILLET est, de la part des banques, une opération illégitime, aussi contraire aùx vrais principes de l'économie politique qu'à l'intérêt social et qu'écartant résolument les trois opinions qui se disputent l'émission du BILLET, il y a lieu de ne la permettre à personne. Pour en juger, il n'est pas nécessaire ici de rapprocher cette thèse des trois autres. Le BILLET DE BANQUE est, dans tous les cas, le même : mêmes caractères, mêmes erreurs, mêmes illusions absolument étranges, même désaveu par les principes et le bon sens;
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