LES RESCRITSDE L'EMPEREURGUILLAU.'.IIE I 133 C'est là un évènement très grave, qui peut être gros de conséquences futures. . Evidemment, l'empereur, en se séparant de la politique de M. de Bismarck, inaugure une politique sociale nouvelle dont on ne saurait trop méditer les tendances. Au reste, ces tendances sont franchement indiquées. Le jeune souverain a dédaigné les équiYoques; il s'est exprimè avec une précision de termes et une force de pensée qui ne laissent rien à désirer. Il a une thèse gouvernementale à lui, une doctrine mûrement réfléchie qu'il porte en lui depuis longtemp . Il se déclare résolu à protéger la santé et la moralité de ses ouvriers, prêt à satisfaire, dans les mesures du possible, leurs exigences économiques ·et leurs aspirations vers l'égalité. Cela est dit formellement, sans ambages. Il ya même plus loin : il donne pour but a la conférence internationale projetée, l'ex.amen des résolutions prises par le congrès socialiste international de Paris ! Personne, dans le journalisme français, n'a encore relevé ce trait caractéristique, qui aurait dû frapper vh·ement l'opinion: l'empereur reconnaît,en principe,lalégitimité des revendications formulées en 1889 par les délégués socialistes dn congrès ouvrier, et c·est elles qu'il propose aux gouvernements européens d'examiner quand il pal'le « DE SOül\iETTREA UN com,rnN EXAMENLES TENTATIVES AU SUJETDESQUELLESLES OUVllIERSDE CES PA YS ONTENTAMÉ DESNÉGOCIATIONINSTERNATIONALE)S); afin, ajoute-t-il, de (( donner une satisfaction aux besoins et aux désirs des ouvriers qui ont trauvé une expression au cours des grèves des dernières années et dans d'auti·es circonstances ». Ainsi, tandis que les publicistes bourgeois, en France, haussent dédaigneusement les épaules, quand les socialistes sollicitent l'intervention de l'Etat dans les rapports sociaux et pour la réglementation clu trayail; tandis que les journaux libéraux n'ont pas assez de mépris et d'anathèmes contre les congrès socialistes, fauteurs de grèYes et de troubles économiques, l'empereur d'Allemagne, lui, voit dans les tentatives <le fédération internationale ouvrière, des négociations dont il convient d'examiner la possibilitè de les mener à bonne fin, et dans les grèyes et autres manifestations sociales, l'expression de besoins et d'aspirations qu'il faut satisfai"re. A cet effet, il convoque l'Europe à venir étudier à Berlin, le problème social tel que les révolutionnaires l'ont posé dans leurs congrès! Je le répète, c'est la un événement d'une grande portée, peut-être la préface d'une politique internationale nouvelle, dont il faut envisager d'ores et déjà le but et les moyens. Une personne que nous avons lieu de croire bien informée nous disait, il y a deux jours, qu'elle n'avait pas été surprise des rescrits impériaux. On a mal jugé, jusqu'ici, me· disait-elle, l'empereur
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