132 "LA nEVUE SOCIALISTE qu'un simple stL·atagèmeélectoral destiné a leurrer les masses et à les clétachm·du socialisme. D'aillem·s, la presse allemande, qui reflète le plus exactement los aspirations de la bourgeoisie et la pensée de :M. de Bismarck, a accueilli a;-cc stupeur les rescrits. Malgré son attachement a l'Empil·e, elle en a exprimé son mécontentement. La Post, par exemple, a dit qu'un pareil acte doit« donner lieu a degrayes préoccupations pou1·tous les Yéritables patriotes » et que « la nouYelleYoiede l'empereur est semée de difûcultés, peut-être même de graves dangel's ». La Gazette de Voss a YU « clans l'explosion de joie des socialistes » un péeil, et elle craint qu'aux prochaines élections « les paroles impél-ialesne soient exploitées contre le Carte!» (coalition des deux fractions importantes de la majo1·ité bismarkienne). « Les bons citoyens,dit-clle en terminant, veilleront a ce que les bonnes intentions de l'empereur ne senent pas les aspirations subYersiYes. ,. •Cette désapprobation des journaux. de M. de Bismarck est significative. La presse du cartel exprime ici les appréhensions des intérêts bourgeois mis en én:il, en même temps qu'elle accuse une di;-erg-encepolitique considérable entre l'empereur et le chancelier. On avait cru yoir cette diyergence s'a{flrmcr dans le rempl.acement de l\I. de Bismal'Ckpat· i\I. cleBerlepsch au ministère du commerce. M. de Bcl'lepsch s'était montré très conciliant cmers les ouvriers, dans les grèYes récentes des bassins houillers. Son éléyation au poste cleministn" du commerce et le rattachement de l'administration clesmines a son portefeuille, ayaient paru indiquer que l'empel'Cur se préoccupait sérieusement des re;-enclications des mineurs, enYers lesquels M. de Bismarck s'était montré d'une dureté excessiYe pendant des années. La publication des resc1·its vient confirmer les bruits de dissentiments démentis par la presse bismarckienne et accuser l'orientation sociale nouYelle de la politique impériale. l\I. de Bismarck reste toujours le Yénéré seniteur de l'empire - il n'est plus l'ordonnateur absolu de la politique intérieure, puisque l'empereur préconise une législation internationale du traYail, à laquelle son chanceliel' n'a jamais cessé de se montrer inflexiblement opposé. Les journaux socialistes ont fait ressortir l'opposition des idées de l\I. <leBismarck. sur ce point avec celles de l'empereur, en mettant en rcgal'd des déclarations impériales les nombreuses déclarations de M. de Bismarck à ce sujet, et le doute n'est pas pos• sible : l'empereur réfute, point par point, dans les rescrits, les théoI'ies de M. de Bismarck. Le désaccord entre l'empereur et son chancelier est donc complet. " *.
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