La Revue socialiste - 1890 - Tome XI - vol 01

LES RESCRITS DE L'EMPEREUil GUILLAUJ\Œ II 131 prenant texte du P.assageoù il est dit que l'empereur doit s'efforcer de sauvegarder les intérêts de l'industrie allemande tout en améliorant la condition des ouvriers, ont dénoncé la conférence internationale commeun piège tendu aux industries des pays convoqués. De tels jugements témoignent de la légèreté déplorable apportée dans l'examen des plus graves questions. Que Guillaume II, en publiant ses rescrits à la veille des élections, ait espéré que ses doctrinOtï sociales d'une nouveauté imprévue seraient de nature à servir puissamment sa politique, à consolider son autorité et faire échec au socialisme, c'est pos::;ible,c'est. même probable. Mais qu'en traçant ce programme étonnant de politique économique il n'ait eu en vue que les résultats du scrutin du 20 février, c'est ce qu'une lecture attentive des rescrits ne permet pas de supposer. Au reste, les socialistes allemands, dont l'opinion est d'un grand poids dans la circonstance, n'ont pas accueilli ainsi le programme de l'empereur. Tout en se rendant compte du coup direct porté ·à leur propagande, ils n'ont pa·ssuspecté ses intentions, mais vu dans la proclamation officielle des malaises sociaux de not.re temps, la défaite de M. de Bismarck et le triomphe du socialisme. Le Volksblatt, organe de Lieblmeicht, est formel à cet égard : Les rescrits imp11riaux sont, dit-il, la victoire morale du sociali@me, Personne ne pourra contester qtte c'est l'augmentation rapide des suffrages socialistes qui a déterminé les classes dirigeantas à faire quelque chose pour les prolétaires. La défaite du prince de Bismarck constitue une victoire, et si le pouvoir va au-devant des revendications des socialistes, ils acceptent ce qui est acceptable, mais les électeurs n'oublieront pas qu'ils sont les propres artisans de leur bonheur, et leurs desidergta trouveront certainement bon accueil dans les conseils du gouvernement lorsqu'il$ seront défendus par leurs élus. En présence des rescrits impériaux, le mot d'ordre doit être : Nommez des représentants ouvriers, nommez des socialistes; chaque millier de suffrage'I de plus donne à vos revendications un plus grand poids. l>ans une réunion publique à Munich, un socialiste a dit, à propos des res,crits, qu'il se félicitait de --roirenfin les revendications des ouvriers entrer dans la voie de la réalisation. Les socialistes veilleront à l'exécution des promesses, a-t-il ajouté·, c'est pourquoi il est nécessaire d'envoyer au Reichstag des députés de leur opinion. Nos coreligionnaires <l'outre-Rhin prennent donc au sérieux lè prograrnme de l'empereur, dont ils s'apprêtent à poursuivre et con..: trôler la réalisation au sein du Parlement tl).~- Il n'y a donc pas là (1) Les socialistes allemands de Budapesth ont envoyé une délégation au baron Plessen, consul général d'Allemagne en fümgrie, pour lui demander de transmettre à l'empereur leurs remerciements, pour les promesses sociales OORtenues dans les rescrits!

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