La Revue socialiste - 1890 - Tome XI - vol 01

130 LA REVUE SOCIALISTE reuses, n'ont pourtant pas suffi complètement à la tâche que je me suis imposée. ,.. Il faudra tout d'abord compléter la législation sur les assurances ouv1·ières. F.nsuite nous aurons à examiner les dispositions de la loi actuelle sur la situation des ouvriers de fabrique afin de donner satisfaction aux plaintes et aux aspÏl'ations des travailleurs dans ce qu'elles ont de légitime. L'examen de cette loi doit partir de ce principe, que c'est un des devoirs du gouvernement de régler la durée et la nature du travail de telle sorte que la santé des ouvriers, les principes de la morale, les exigences économiques des ti-arnilleurs et leurs aspirations vers l'égalité devant la loi soient sauvegardés. Dans l'intérêt du maintien de la paix entre pa.trons et ouvriers, il y aura lieu de faire voter des dispositions légales en vue d'assurer la représentation des ouvriers par des hommes jouissant de leur confiance et chargés du !!Oinde régler leurs affaires communes et de défendre leurs intérêts dans les négociations avec les patrons et avec les autorités gouvernementales. « Une institution de ce genre facilitera aux travailleurs l'expression libre et pacifique de leurs vœux et de leurs griefs. Elle fournira aux fonctionnaires de l'Etat les moyens de se tenir renseignés d'une façon suivie sur la situation ouvrière, et de rester en contact avec eux. • Je désire qu'en ce qui concerne la protection économique à accorder aux ouvriers, les mines de l'Etat deviennent des institutions modèles. Quant aux mines privées, je désire qu'on arrive à l'établissement des relations organisées entre mes fonctionnaires miniers et ces entreprises, en vu9 d'une surveillance analogue aux inspections des fabriques. « Pour l'examen préliminaire de ces questions, j'arréte que le conseil d'Etat se réunira sous ma présidence et les examinera en faisant appel aux personnes compétentes que je désignerai. Je me réserve de faire moi-méme la désignation de ces personnes, " Parmi les difficultés à la ;réglementation de la situation des ouvriers clans le sens que je projette, les plus notables sont celles qui résultent de la nécessité de ménager les intorêts de l'industrie nationale dans sa concurrence avec l'étranger. J'ai donc avisé le chancelier de l'empire de suggérer aux gouvernements des Etats dont l'industrie tient avec la nôtre le marché universel, la réunion d'une conférence pour aboutir à un règlement international a1·rétant les bornes de ce que l'on peut exiger du travail des ouv1·icrs. Le chancelier de l'empire vous fera tenir copie de mon rescrit à vous adressé. « Berlin, ~ févrie(1890. « GUILLAUME, » L'importance de ces documents est grande. Les rescrits sont un acte d'autorité sociale de la plus haute gravité. Toute une docleine gouvernementale nouvelle y est contenue, et la faç.ondont elle est exposée, la précision des termes, l'audace de certaines propositions et de certains aveux, ne permettent pas un seul instant de s'arrêter aux critiques banale:.;dont ceg rescrits ont été l'objet dans la presse française. Celle-ci, en elfet, n'a voulu voir, dans la manifestation éclatante des préoccupations sociales de l'empereur,'qu'un stratagème électoral, et certains de nos journalistes, qui ont toujours le mot pour rire, ont traité les rescrits d'affiche de la dernière heure. - D'autres, ..

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