LA nEVUE sor.rALISTE Son dernier mot est. un mot d'espérance et d'encouragement ; c'est par lui que n".>usvoulons termiuel' le trop court exameri de son livre. " Il est tl'Op vraisemblable, dit-il, que les initiateurs contemporains n'entreront point dans la terre promise de leurs réves. c·est au pl'ofit de leurs arrièreneveux qu'ils pensent et travaillent; mais cette considération n'est point capable de les décourage!' : on ne saurait être à la fois réformateur et égoïste. » GusTAVK RouANET. L'hèrédité et l'éducation pa1· J.-i\I. GuYAU, Félix ALCAN, éditeur, Paris 1889, prix 5 fr. La publication récente du livre po8thume de M. Guyau, donne à la question de l'éducation un regain d'actualité. Il ne s'agit pas d'un nouveau traité à ajouter à tant d'autres; mais d'une œuvre de large envergure. Ce livre contient des préceptes utiles, l'exposition de n~étbodes p6<lagogique8 raisonnées; il contient surtout - et c'est là son caractère dominant - une théorie scientifique de l'éducation dans ses rapports avec l'avenir de la race. C'est une étude sociologique. A défaut d'une analyse minutieuse, essayons d'en présenter un aperçu général. Au dernie1· siècle, l'éducation était considérée comme l'agent modificateur par excellence. Bien mieux, selon Helvétius, tous les hommes naissaient égaux et avec des aptitudes égales, L'éducation seule faisait les différences. C'était là une exagération dans laquelle après le::sremal'quables travaux publiés de nos , jours sur l'hérédité, il n'est plus permis de tomber. Certes, nous ne naissons pas avec les idées, les connaissances innées chères aux métaphysiciens, mais nous portons dans notre cerveau, en arri vaut à la vie, des aptitudes bonnes ou mauvaises, à l'état virtuel. apt.itudes héritées de nos ancêtres et qui se développent par la suite. sous l'influence des impressions extérieures, comme le grain de blé, au sein rie la terre, sous l'influence des rayons du soleil. Nous avons ainsi en nous le germe de notre moralité et de notre caractère. Aussi bien, pour certa.ins penseurs, la rôle de l'éducation, considéré au dernie1· siècle comme capital, n'a-t-il plus qu'une importance, grande encore, mais relative.« Les qualités psychiques préexistent à l'éducation, dit 1\1. Th. Ribot, dans sou livre de l'Ilérédite, l'éducation les transforme quelquefois, elle ne les crée jamais. » 1\1. Guyau s'élève contre ces conclusions et cherche à faire une part plus large au pouvoir de l'éducation. Sans doute nous sommes, au physique et au moral, les produits de nos ancêt1·es; mais, non seulement, par l'éducation, il sera possible de vivifier les bonnes tendances et d'enrayer les mauvaises, mais encore d'en créer de nouvelles. M. Guyau a été frappé des reche1·ches récentes faites par les psycho-physiologistes sui· les effets de la suggestion mentale, et il prétend que la suggestion doit être considérée comme un élément nouveau dans le problème à résoudre entre l'éducation et l'hérédité. Car, suivant lui, on peut modifier un individu, en lui persuadant qu'il est ou peut-être autre qu'il n'est. Convair,.cre l'enfant qu'il est capable du l)ien et incapable du mal, c'est lui donner en fait cette puissance et cette impuissance ; lui suggérer qu'il a une volonté forte, c'est I ui communiquer la fo1·cede la volonté, etc ... ; inversement, constater à haute voix l'état mental d'un enfant, dire:» Cet enfant est méchant ... , il est paresseux ... , s'est le rendl'Ei souvent ou méchant ou paresseux:.
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