La Revue socialiste - 1890 - Tome XI - vol 01

122 LA n EV UE SOCI.\ LISTE races clc dé\'rloppcment et ,l'oi-igine élhni'lue correspnndants, et partout 11 a trouvo une R1militudc de phénomènos politiquo,; frappa"te - aussi bien dans Jn mec blanche en ropéenne, parvenue au ilrg1·ll do ri viliRation prô~ento, 'llle dans les races primitives ayant à peine frnn(\hi les p1·Ami0rs '-tades de l'organi• salion po1itic1ue. A l'origine, la hor,le promisqnr eRt absolument anarchiquo. Pas de chef, ui de commandement,comme chez les Esquimaux .Mais les nécessités de la <léfense, la ron'1uête ou la possrssion iles territoires de chasse, donnent naissance à une organisation, nécc~sairo pour faire face ù l'ennemi. Les premières fonctions politiques ont Ht-1des fonctions militaires. Ces fonctions rl, 1vol_ues~u plu~ fort, comme on peut l'observer encore dans certaine~ h,mle~ <le l Anrnnque et du continent afrirain, (•taient d'abord ôlect1ves cl de peu de durùe .• \ l'intc\rieur, la premiôre nrgan1,mtiou politi<j11e était rôpublicaine - le plus souvent les ancien~ gou ,·emaient. A me;;ul'e que la bnl'dr. se développe, les classes se fract10nnent par ossaimage, se fédèrent eu t1·ibus et l'antorilé tcmpo1'1ire <lu t:hef militaire ne tsirrlo pas à s'accl'oÎtl'e. En même temps, la guene enfante des valeurs d'ochange aceumulable1>: les esrlaves. llne richesse est eréée, l'antique égalité est clétruito et l'organisation égalitaire républicaine des débuts se transforme en aristocratie d'abord, en monarchie ensuite. En rnamts enill'oits, chez les p1·imitir,, de l'Amérique ou de l'Afrique, l'ovolution politique s·e,t arrêtée aux diven, stade;, 111cli'lués plus haut : tribu l'épuhlicaine, aristocratique ou monarchique. La guerre entre les tribus monarchiques a engendré. par v,1ie de r.onqui\to, la petite monarth1e barbare, dont l'histoire nous a laissô des exemples qu·on peut encore vérifie1 dans l'Afrique é<1uatoriale et chc,. les l\longols, ou cette fol'me politique a survéc-u. Les grands rnonal'ques barbares succèdent,toujours par la guel're, aux roitelets de rlistnct ou de rogion, et alo1·s se forment les vaste~ empires, clor.t l'histoire nous retrace à la fois les splendeurs éph{>mères et la meurtl'icre domination. La monarchie est évidemment une forme poliuque regros~1vo, car nous voyons le« contl'ées façonnées à cette institution pPrrlre toute aptitude rie cl(•veloppement social, les sujets ne tardant pas à tomber dans un él,tt <l'avilis~ ~ornent moral qui leH abrutit de plus eu plus el les rend réfractaires à tout progrès. Aussi, le:; races les mieux douées secouent-elles promptement le joug royal, et même elles conservent en période monarchique 00111brede survivances républicuines. !Jans la Grôce pl'otohif'tori'lue, par exemple, les rois homénques n'ont qu'une autorité très restreinte. Nombre de flurvivanc-es rùpuhlicaines, telles 'lue l'as~emblée des ::(uerrierll,attestent <JUelefl Grecs n'avaient pas aliéné onti<\rement lrur liberté. D'ailleur~, ils ne tarderont JJas, par une ,-u1tc de rPvolutions succ~ss1ves, à secouer le joug cle la royauté et à se constituer en républ11111e.Le retour de la monarchie à la Rf,publique se produit inversement à l'ordre suivi pour passer de la république à la monarchie. La république est cl' abord aristoc1·atique. Les anciennes fam1lle,s royales et leur entourage forment presy_ue exclusivement la classe des gouvernants. Mais le peuple revendique énergiquement ses droits politiques, les privilèges tombent un à un et l'égalité finit par être reconquise. Seulement, au cours de cette évolution progrE:ssive, les richesses se sont multipliées et concentrées dans le11mains d'une catéµ-orie cle citoyens qui constituent une aristocratie d'argent, socialement ioféneure à la première. Alors la lutte sociale succède à la lutte politique. Le peuple in,esti de la souveraineté s'efforce de saper à coups de lois expropriatrices lc.s privilèges économiques de la classe pos~édante. l\Jais..

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