LÉGALITÉ DES SEXE$ 91 de l'humanité; c'est accroître sa somme de bonheur, de félicité. L'expérience nous apprend, dit Stuart Mill, que chaque pas dans la voie rlu progrès a été im~ariablement acco~pagné d'une élévation d'un degré dans la condition deg femmes. Nous n'avons donc pas à hésiter, si nous YOulonstirer la société de la décadence où elle se plonge de plus en plus, de l'abîme dans lequel elle roule avec une rapidité épouvantable. Il faut élever les femmes jusqu'à nous, leur donner autant de droits et de pouvoirs que nous, il ne faut plus en faire ni des servantes, ni des esclaves, ni des prostituées, mais des compagnP,s capables de travailler avec nous à la transformation sociale qui ya bientôt s'imposer. Que les socialiste., qui ont toujours été les premiers à prêcher l'émancipation féminine, poursuiYent leur œune en démontrant scientifiquement au monde l'égalité de l'homme et. de la femme, et en affirmant que de cette égalité, seulement, découle la plénitude des facultés, des grands sentiments de la Yie; que du libre exercice, des aptitudes et des facultés diYerses de chaque sexe dérive la puissance, l'harmonie et le bonheur cle l'humanité. Qu'ils fassent bien comprendre surtout que le système social qui revendique réellement et hautement l'égalité des sexes au triple point de Yuepolitique, économique et social est le Socialisme. C'e. t le seul système organique dont les principes impliquent l'égalité de tous les êtres quelle que soit leur origine; a quelque race, à quelque clas e, à quelrtue sexe qu'ils appartiennent; c'est le seul qui érige en principe l'équiYalence des forces, des facultés humaines parce qu'il fait comprendre que toutes les manifestations du corps et de l'esprit sont également utiles à la société, à la condition qu'elles soient dirigées vers un bon but. L'instruction socialiste enseigne à tous, que de la diversité des facultés naissent l'équilibre et l'harmo• nie clans la société et que les inégalités, qui peuvent exister entre les indiYidus, n'ont plus raison d'être, de prérnloir et de faire des classes distinctes lorsqu'on les met en face du torrent des forces humaines. Qu'est la supériorité physique ou intellectuelle d'un homme sur un autre clans le monde et pour le monde? ce qu'est une goutte d'eau, plus grosse qu'une autre, par rapport à la mer. Rien, n'est-ce pas. Eh bien! les indiYidus entre eux, par rapport au monde, peuYent être considérés de la même façon. Les défauts et les vices, qui naissent chez quelques individus parce qu'ils sont ou se croient supérieurs aux autres, sont, par conséquent, bien mesquins, bien puérils; de même a été bien puérile, bien sotte l'opinion qui a fait et qui fait considérer la femme comme inférieure à l'homme. Est-ce que l'homme n'est pas aussi bien le complément cle la femme que la femme le complément de l'homme? Est-ce que tous les deux n'ont pas également besoin l'un de l'aut1·e pour rendre leur vie complJte? 7
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