96 LA REVUE SOCIALISTE Dans la famille, il y aura beaucoup plus de calme, d'ordre, d'harmonie parce que l'homme ne dominera plus en maître, parce quïl ne pourra plus tyranniser. Il ne sera plus seul à gouverner, à diriger les affaires de la maison, à youloir à son gré l'éducation des enfants. La mère, ayant autant de pouvoir que le père, exercera aussi son influence sur l'instruction et l'éducation des enfants, et étant plus sensible et plus douce, comprenant mieux leurs besoins et leurs désirs, elle pourra mieux les sati:sfaire. Les enfants y gagneront en a!Iection et en clroiLs. Tout dans la société se vivifiera, s'ennoblira de l'èmancipation cle la femme puisque les sociétés se sont toujom·s pe1·fectionnées selon les droits qu'elles ont accordés au sexe féminin. Une des institutions qt{i profitera le plus ùe l'ailranchissement du prétenclu sexe faible sera le mariage, lequel ne pouna plus être une société (lespoiique, mais une société sou::;laquelle les conjoints ayant des d1·oits et ùes deYoirs équiYalents seront égaux et libres (1). Mais où l'émancipation féminine sera réellemeut arnntagcuse à la. ociété et a la marche de son évolution, ce sera dans la politique. Au commencement, l'exercice des droits politiques de la femme produira inévitablement un mom·ement <le régression, une certaine réaction, nous ne le nions pas (2); mai· lo1·squel'éducation politique de la femme sera faite, les réformes ne languiront plus autant dans lei cenelles de nos législateurs, la femme étant plus vive et plus directement intéressée à la transformation sociale. Ainsi, il est certain que lorsque les femmes pourront se prononcer dans les grands événements sociaux, ce sera toujours à l'a:rnntage des grands sentiments ùe la sociabilité et de l'humanité. Les guerres seront a jamai::; :supprimées. L'amante, l'épouse ou la mère ont horreur de la guerre. Or, une fois la guc1Te rendue impos::;ilJle,les armées permanentes n'arn·ont plus 1·aison cl' étre. Ne uous ferait-elle accomplir que cette réfo1111e,ne nous aiderait-elle qu'a supprimer cette funeste institution que nous devrions accélérer et à jamais glorifier l'aYènement <le la femme politique. Car, il est impossible de pouvoir dire la force qu'acque1Tait l'évolution sociale une fois que nous seeions débarrassés du fléau de la guene et des armées permanentes. Nous terminons cette courte et imparfaite étude en affirmant que travailler au sort de la femme c'est améliorer le bien-être général (1) Cependant le mal'iage ne sera réellement ce quïl doit être que lorsque l'amour sera libre et que lorsqu'il n'existera plus des inégalités aussi choquantes entre les richesses des individus. Alors il ne sera plus une prostitution. \2) Les débuts du suffrage universel ont été d'abord défavorables à la démo~ cratie. Upe institution qu~lle qu'elle soit porte rarement ses fruits immédiatement.
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