La Revue socialiste - 1889 - Tome X - vol 02

L'ÉGALITÉ DES SEXES 95 nous sommes en réaction contre lui, et du moment qu'il est contesté, il ne fera plus longue vieillesse. Et ce n'est qu'en démontrant les multiples et funestes conséquences physiques, intellectuelles, morales et sociales qui ont résulté de l'asservissement de la femme et en prévoyant les multiples et bienfaisantes conséquences qui imrgiront après son affranchissement que nous pourrons réellement et efficacement détruire les lois et les institutions qui consacrent l'infériorité de la femme et les remplacer par des lois et des institutions qui érigeront en principe l'égalité des deux sexes. Une fois émancipée, libre, l'égale de l'homme, la femme recevra une éducation physique qui la mettra a même de marcher clans le monde d'une façon entièrement inclépendante; elle n'auea plus a rechercher la protection de l'homme puisqu'elle n'aura plus a le crain<h·e, a subir sa domination. Plus apte aux exercices et aux tt·avaux corporels que maintenant, elle pourra partout subvenir a ses besoins. Son salaire - en attendant qu'on suppi·ime tout salai,·e - sera au niveau de celui de l'homme. De cette façon, jeune fille, célibat.aire ou veu-re, elle pourra se procurer beaucoup plus de satisfactions. On ne verra plus des femmes travaillant quinze à dixhuit heures par jour pour gagner -ringt ou trente sous. Les hommes• ne veulent pas travailler pour un aussi misèi·able salaire, elles feront comme eux. La prnstitution .r pei·dra des recrues ~t.la dignité, le respect et la moralité de la femme se relèvera. Débanassée de tout préjugé, et le monde n'en ayant plus a son égard, elle pourra se lancer dans toutes les professions, clans toutes les voies sociales, et elle centuplera la force de l'humanité, soit par la famille rlont le niveau intellectuel et mora,l s'élèYera, soit par l'industrie où elle pourra librement exercer et mettre a profit toutes ses aptitudes et toutes ses facultés. La perfectibilité de l'espèce humaine y gagnera sous le triple rapport de la force, de la santé, de l'intelligence et de la mol'ale. La femme ne supportera plus entièrement les cons6quences moeales de ses relations avec l'homme parce qu'on trouvera illogique, irrationnel de la croire seule coupable. De ce fait, il y aura bien moins d'infanticides; l'adultère ne la déshonorera pas plus que l'homme, puisqu'on comprendra qu'elle n'est pas plus coupable que ce dernier. En attendant que l'amour libre soit l'unique loi de nos relations sexuelles, elle aura toujours gagné a ne plus supporter toute la déconsidération stupide qui s'attache à ses actes (1). (1) Cela ne veut pas dire que l"on recherchera la paternité, que l'on fera également supporter sur un individu le poids -:lès conséquences mftérielles et morales d'une femme, non, mais les ho.mmes en général auront leur part de reaponsabilité sut· la totalité de cas faits.

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