92 LA REVUE SOCIALISTE l'homme. Tant qu'elle n'est pas mariée, elle doit obéissance aux parents. Le moindre écart clans sa conduite la ,;one a la déconsidération. Qnelques relations amoureuses suffisent pour la faire qualifier de libertine, et si par malheur ces relations sont suiYies de conséquences elle est vouée au mépris public. Qu'une jeune fille séèluite soit épousée par son amant, la société la réhabilite, dit Stackelberg; qu'il l'abandonne, elle demeure méprisée, tandis que c'est un titre de gloü-e pour un homme d'avoir une quantité innombrable de maîtres. e ; l'adultère lui-même n'est pour l'homme qu'une peccarlille, tandis que la femme est considérée comme déshonorée si elle prend un amant, et passe presque pour une criminelle si elle ne reste pas firlèle a son mari. "Le préjugé de l'infèriorité de la femme est la cause principale de la subordination de la femme et de la condition épouYantablc qui lui est faite dans la société moderne. « Si la femme était l'égale de l'homme, ses actions ne seraient pas considérées comme plus mauYaiscs que celles de celui-ci. L'article 33GcluCode pénal qui absout le meurtre commis par l'époux sur son épouse et sur son complice en cas d'adultère n'existerait pas. L'adultère de la femme ne serait pas plus blâmable que celui de l'homme. n Le mariage actuel, fait de la femme un être dépendant entièrement de l'homme. Celui-ci peut a son gt·é rendre sa compagne heureuse ou malheureuse. Dans la famille, les conséquences des lois sociales, basées sur l'inégalité des sexes, ne sont pas moins funestes. C'est le père qui dirige, qui commande tout, qui absorbe tous les droits. C'est lui qui détermine l'instruction que doivent aYoir les enfants. Son caractère, son tempérament font leur éducation. Et cela sans se clonner de peines, il commande a la mère qui obéit <locilement en faisant faire, et en apprenant aux enfants, ce qui a été commandé, exigé. Aussi chaque famille a-t-elle son genre ù'éclucation dét~'miné a la fois dar la classe, la situation a laquelle elle appartient ainsi que par le degré ù'ignoranc.;e, le degré d'amiti~ des parents entre eux et envers les enfants; enfin par la nature le tempérament, les préjugés du père et de la mère, surtout de la mère qui est la véritable éducatrice, - sous l'œil du père, - des enfants. C'est elle qui leur donne la forme de l'éducation, sous le double rapport. moral et social. Cela est préférable, parce que la mère est plus douce, plus sensible, plus aimante; mais sous le rapport intellectuel elle inculque a ses enfants plus de préjugés que le père. Ce côté désavantageux de l'éducation de la mère est dû entièrement a ses préjugés qui sont le support de son infériorité. Lorsque la femme sera débarrassée des idiotes croyances dont on a
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