L'ÉGALITÉ DES SEXES 91 liberté, de toute leur indépendance, pensent, aiment, agissent a leur guise, selon leur tempérament, leurs idées, leurs besoins et leurs tendances, dans lesquelles les sexes sont, pour être plus vi·ai, équivalents, il est naturel de penser, dis-je, que les multiples conséquences qui en résultent pour l'espèce, pour les êtres et pour l'humanité, sont absolument contraires à celles qui dériYent d'une société dans laquelle il y a un sexe supérieur a l'autre, dans laquelle il y a un sexe qui domine et qui opprime l'autre. En nous efforçant de démontrer dans le cours de cette étud<.l>'égalité de l'homme et de la femme, nous avons parlé de quelques- unes des mauYaises conséquences de la croyance à l'inégalité <lessexes, surtout en ce qui concerne la femme. Nous avons montré que, pour vaincre, en partie, l'oppression de l'homme, la femme est souyent obligée de mentir, de se <lissimule1·, de tromper. De la, son caractère énigmatique qui a fait dire a plus d'un que son cœur est un mystère. Si pénétrée de l'idée qu'elle ne peut combattre librement pour son existence, à côté de l'homme, puisqu'on la considère et qu'elle se considère commeinférieure, la femme combat en dessous, se cache pour dresser ses batteries,clissimule son jeu, est hypocrite; l'homme pénétré qu'il est supérieur, écrase la femme de son dédain, est oppresseur et tyrannique. Le mariage ne donne pas le bonheur attendu, parce que le mai·i use et abuse de la supériorité que lui donne la loi. Il ne respecte pas sa femme puisqu'il attente constamment à sa liberté, puisqu'il la contraint à n'être que sa servante, l'obligeant à obéir en tout et partout, même a subir ses embrassements lorsque celle-ci s'y refuse. C'est ce qu'on appelle le droit à la copulation l ((Ainsidonc, s'écrie un écriYain (1), il appartenait à ceux qui professent que le mariage a pour but la satisfaction régulière des appétits sensuels d'inventer le droït à la copulation entre époux. 0 honte de nos sociétés prétendues civilisées, dégradation que ne connaissent ni les peuplades les plus sauvages, ni les animaux les plus bas placés sous l'échelle, le droit à la copulation des théologiens et légistes français, c'est-a-dire le droit au viol entre époux. « La femme doit aimer son mari,dit l'ange de l'école juridique française, le très orthodoxe Pothier; elle doit lui être soumise, lui obéir. Enfin elle est obligée envers lui (entendons bien) au devoir conjugal lorsqu'il le demande. « L'inégalité des sexes érigée en principe dans les lois sociales met la femme dans toutes les phases de sa vie sous la subordination de (i) l,e Maria9e, son passé, son présent, son avenir, par Emile Acollas ..
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