L'ÉGALITÉ DES SEXES 89 qu'a et que prend de plus en plus la femme dans la société. D'abord, en faisant valoir dans toute sa grandeur le travail '.énorme, capital que la fonction naturelle et sociale de la femme accomplit dans la génération, dans la reproduction de l'espèce humaine, clans la continuité et le développement de l'humanité. Ce trayail est plus considérable que celui de l'homme. Comme nous l'avons dit au commencement, tout l'effort de l'homme pour la reproduction de l'espèce est, pour ainsi dire, tout entier dans l'acte de la génération. oa participation a l'œuvre collective de renouvellement de l'humanité n'a lieu que pendant les jeux. de l'amour, aussi ne connaît-il du travail génitif que les plaisirs. Avec la fin de ceux-ci, cesse sa collaboration a l'œ1wre de reproduction de l'espèce; mais commence pour la femme les premiers malaises, les premières douleurs clela conception qui ne se terminent, lorsqu'elle est délinée, que pour se transformer en inquiétudes, en peines causées par les faiblesses, i.es maladies de l'enfant, et les fatigues, le.s souffrances de la mère. Dans la somme d'efforts, de travail, de souffrances que nécessite de deux in<lividus, homme et femme, la genèse et l'élévation d'une famille, la femme y a une bien plus grande part que l'homme. Or, si la famille (1) qui maintient, qui nourrit la société doit être considérée dans celle-ci comme son principal élément, il est logique que la femme qui fai-t-teaucoup plus que l'homme pour sa constitution doit en retirer plus d'ayantages sociaux. et plus d'honneur. Cela doit contrebalancer largement toutes les petites supériorités physiques et intellectuelles que l'homme peut avoir, et consèquem•• ment donner à la femme autant de droits qu'à l'homme, la faire sur tous les points l'égale de celui-ci. L'importante fonction de la femme dans la famille suffirait, à elle seule pour lui donner autant de droits qu'à l'homme, et si nous étion partisans de la famille actuelle, nous demanderions, comme ceux qui la soutiennent, que le rôle de la femme se bornât toujours a faire des enfants, à les élever, tout en entretenant le ménage; mais comme la famille actuelle constitue pour la femme une sorte d'esclavage, qu'elle la fait considérer comme inférieure à l'homme, en tout, nous demandons sa suppression ou sa transformation de quelque façon que ce soit pourvu que la femme soit libre, émancipée, l'égale de l'homme et qu'elle n'ait pas besoin dE,recourir à celui-ci pour subvenir a ses besoins (2). (1) Bien entendu quelle que soit sa forme. (2) La tran~fo,·mation de la famille ne peut se faire qu'avec la transformation de la propriété individuelle en propriété sociale, c'est-à-dire qu'avec l'avéncment du socialisme, lequel en limitant le travail à trois ou quatre heures par jours permettra à la femme d'avoir des enfants et de se suffire à, elle-méme. En outre, la société devra l'aider,
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