La Revue socialiste - 1889 - Tome X - vol 02

88 LA REYl!E SüC'.JALISTE ration, de satisfact.ions morales et matérielles? non puisqu'on la considère comme infé1·ieure à l'homme. Au point de yue intellectuel comme au point de -..-uophysique la femme est traitée en inférieure. Il en est de même au point de vue moral; ne tenant aucun compte des obstacles qu'on lui crée dans la lutte pour l'existence et de l'adresse, de la fraude, de l'intelligence qu'elle est.obligée de déployel ' pour Yainc1'eces obstacles, les hommes et la société ne voient en elle que les eflots, que les con. équences de cette adresse, de cette fraude, c'est-à-dire que les trayers, que les irrégularités, quo les défauts et que les Yices qui en résultent. Ils ne voient ni les ouffrances, ni les peines, ni les cloulelll'sphysiques et morales que lui causent l'oppression des préjugés dont elle est Yictime, ni les sacriûces, ni los tourments que lui !suscitent les attributions, les fonctions natul'elles et sociales aux.quelles elle est assujétie. EJ. c'est pour cela qu'après l'a-..-oir<léclarée inférieure en forces physiques, sans se rendre compte que cette infériorité pourrait être grandement diminuée si on la soumettait à une meilleure éducation, surtout physique, si on lui donnait la liberté et les droits aux.quels elle a droit, et si, ayant égard aux premières charges que la nature lui impose on s'efforçait cle la soulager; qu'après l'avoir déclarée inférieure en forces intellectuelles, sans reconnaître qu'en -..-érit .é son infériorité intellectuelle ne porte réellement que sur les grandes généralisations scientifiques, et sans rechercher si cette infériorité intellectuelle n'est pas la conséquence directe des mau-..-aisesconditions sociales dans lesquelles elle a toujours été et dans lesquelles on la maintient toujours injustement., arbitrairement; qu'après l'arnir déclarée infé1·ieure en forces morales; qu'après l'aYoir qualifiée même d'immorale, parce qu'on juge toutes les femmes sur le modèle clequelques hystériques, de quelques nymphomanes, et sans recherchet encore là, sans voir que les principaux. vices <le la femme dérivent directement de la sujétion barbare sous laquelle on la fait -vivre; et c'e t après aYoir YUla l'emmesur tous ses mauvais côtés, après l'a voir yue surtout au travers du p1'isme cle tous les préjugés; aprèsl'arnirjugée illogiquement, injustement, qu'on la déclare socialement inférieure à l'homme et qu'on la maintient toujours sous les lois d'un esclayage qui est une tache pour la civilisation, une honte pour l'humanité! Il appartient aux. socialistes, qui les premiers, comme SaintSimon, Foul'ier, Bazard, Enfantin, Owen ont demandé, par la plume et par la parole la liberté, lïnd6pcndance absolue de la femme, l'égalité des deux. sexes de continuer leur œuvre et de clémontl'er scientifiquement que la femme est physiquement, intellectuellement, moralement et socialement l'égale de l'homme. Leur tàche est facile, ils n'ont qu'à faire voir le rôle important, capital

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