L'ÉGALITÉ DES SEXES 87 de la complète égalité physique prochaine de la femme, et qui sera aussi la cause principale de sa future supériorité, n'est pas encore assez développé dans toutes les parties du travail pour permettre a la femme <lefaire tout les travaux. que l'homme fait et con. 6quemment d'être entièrement l'égale de celui-ci clans l'industrie (1). La femme, qui dans le pa sé était incontestablement inférieure a l'homme parce qu'il fallait déploye1~plu: de force musculaire que de _nos temps, -pour la lutte pour l'existence, est appelée à devenir ayec le perfectionnement mécanique aussi incontestablement supérieure a l'homme qu'elle lui a été inférieure. Actuellement la force que n6cessite, en général, le travail, lui permet d'êti'e presque l'égale de l'homme. Donc, en se tenant strictement sur le côté industriel, productif, l'apport cle la femme-vaut 1wesque celui clP-l'homme. Retire-t-elle des avantages sociaux peoportionnels à cet apport? non, puisque, presque partout, son salaire est de moitié inférieur a celui de l'homme. Ce n'est la qu'une des injustices de la ociété, injustice qui découle particulièrement du préjugé que l'on a de considérer la femme comme inférieure a l'homme. Ainsi, il y a des indu triels qui remplacent une partie ou entièrement leur personnel par des femmes qu'ils payent la moitié moins, non pas, parce qu'elles font la moitié moins de travail, - au contraire, dans certaines spécialités de travaux la femme est plus habile que l'homme, - mais parce que ce sont des femmes. Voilà tout le raisonnement que se tiennent et que donnent nos industriels. Intellectuellement, nous l'ayons dit (lans la partie de l'étude qui a trait a l'intelligence, la femme n'est inférieure que ··ous le rapport des grande questions philosophiques et scientifique~. Mais il est probable que lorsqu'elle pourra s'éprendre librement clcces cho. e., c'est-a-dire lorsqu'elle se sera débanassée des préjugés qui paralysent son activité intellectuelle et qu'elle aura reçu une instruction et une éducation physique et intellectueHes semblable~ a l'homme, qu'elle deviendra aussi capable, aussi apte, sinon plus, que celui-c;i à se servir du spectroscope, de la plaque photographique et de la loupe, a analyser, à synthétiser et a généraliser. Sur toutes les autres branches de l'activité intellectuelle la femme est aussi capable que l'homme. Dans l'industrie, dans le commerce, même dans l'art, la femme est souvent plus intelligente que l'homme. En retire-t-elle autant d'avantages sociaux, c'est-à-dire de liberté, de justice, tle considé- (1) Une légère infériorité physiqutl au tràvail n'empêcherait pas l'égalité sociale de l'homme et de la femme d'être reconnue puisque celle-ci est supérieure dans les travaux de la famille.
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