La Revue socialiste - 1889 - Tome X - vol 02

86 LA REVUE SOCIALISTE amour. Cai· la moralité ne consiste pas, comme le dit P1·otHlhon, à arnir de l'énergie, de la volonté, de la franchise, do l'audace, fle la confiance en soi-même. Certes, nous admirons ces quelques qualités morales, mais combien nous les reléguons derriére la bonté, la doucrrn·, le cléyoueme1itet l'amour, non seulement parce que ce sont des q11alit.ésmoins sentimentales, mais parce qu'elles sont plus souvent fausses. La femme est, par sa nature, par son sexe, prédisposée, c'rst incontestable, à être plus sentimentale, plus morale que l'homme. Elle a peut-être, comme <litChamfort, une case de moins dans la tNe, mais elle a certainement une fibre de plus dans le cœur. Cela tient à sa plus grande sensibilité. Et ce n'est pas cette plus gran<le sensibilité qui 1a·rend immorale en amour, comme on a_l'air de le dire. Au contraire, on sait que l'homme est beaucoup plus polygame que la femme. Cela s'explique assez, si on se rappelle quo l'homme est plus amoureux par besoin que par sentiment. La femme aime I'al'ement plusicm's hommes à la fois, tandis qu'il n'est pas rare de voir un homme aimer également plusieurs femmes. Lor:;:quela femme recena une meilleure éducation, une éducation affranchie de tout préjugé; lorsqu'elle sera l'égale de l'homme et r1u'elle aura son indépen<lance absolue, elle perdra peu à peu ses lléfauts, ses Yices qui n'ont d'autres causes, nous l'ayons dit, que l'oppression de l'homme, les préjugés et la tyrannie sociale; (elle n'aura plus aucune raison cle se dissimuler, de mentir) et ses bonnes qualités morales se déYelopperont d'autant plus, sa sensibilité la 1·ondra en peu de temps moralement supérieure à l'homme. Nous concluons clonesur ce point, en affirmant, au moins, l'égalité rnoeale àe la femme et de l'homme et en prévoyant le jour prochain où, délivrée du joug de l'homme, clela contrainte des préjugés, laissée libee, indépendante, émancipée intellectuellement et moralement, à ses tenüances, it ses aptitudes, à sa nature, la femme dcYicmfra moralement bien supérieure à l'homme. III. - DE L'ÉGALITÉ SOCIALE DES 0DEUX SEXES. L'égalité sociale des sexes ne peut exister, éYidemment, qu'avec leur égalité physique, intellectuelle et morale ou que si les infériorités et les supét·iorités diyerses clos sexes se balancent, sont équiYalentes, comme c'est le cas pour l'espèce humaine. En effet, même en admettant que la femme soit physiquement quelque peu infërieure à l'homme, cette inférim·ité est tellement comblée par ses autres qvantages moraux et sociaux qu'elle peut, sans que l'on soit en désaccord avec la logique et la vérité être considérée comme l'égale de l'homme. Nous voulons bien admettre :que le machinisme qui sera la cause

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