La Revue socialiste - 1889 - Tome X - vol 02

LA HEVU1<; SOCIALISTE une filiation da mots et ,.rotymologie, oommo on a h'op coutume de le faire au Palais, mais en rechcl'chant les origines socio logiques des sociétés ouvrières, les causes de lour formation et leur mode Ol'ganique de groupement. Le chapitre Il dégage l'évolution géné1·ale des associ ations synclicales. Le chapitre II! est consf\cr~ à l'histoire des Trndes-Unions anglaises; le c hapitre IV aux Trados-U nions américainos; le chapitre V au x syndicats professionnels en Franco; le ch'lpitre VI à l'Italie; le chapitre VU à l'Allemagne, etc. Les auteurs examinent ensuite le rôle de l'Et< it, en présence des syndicats professionnels, leu1·fonctionnement économique. Enfio,ils discu.teut le projet de loi déposé par Je.gouvernement belge etdout no tre collaborateur Véber a donné une analyse c:·itique d·ms le dernier numéro de la Revue, au Mouvement social. Le Rapport de ~lM. Ninauve et Vandervelde n'est donc pas une banale consultation juridique, mais bien un ouvrage i ntéressant au plus haut degré, consciencieusement fait et conçu dans un esprit ell'.collent. Nouvel exposé d'économie politique et d e physiologie sociale, pa1· ADOLPHE CosTE, un volume grand in-18 de x Vi-1107 pages, 3 fr. 50, Guil- laumin et Ci• et Félix Alcan. << Mon but, dit l'auteur dans sa préface, a été d o réconcilie!' ensemble deux sœurs ennemies, deux doctrines, qu'il importera it de réunir dans une communauté de vues et rl'efforts : la Science économiq ue et la Philosophie positive. » C'est par la physiologie sociale ou sociologie que l'économie politique se rattache à la philosophie positive. L'économie politique, malgré son importance, n'est qu'une branche de la physiologie sociale. Cette subordination d'aill eurs est féconde en avantages pl'atiques, mais elle exige que l'on modifie, e n quelques points, l'orientation de la science économique, et que l'on substitue au point de vue trop exclusif de l'intérêt individuel, sans distinction de nat ionalité, la coosidérat10n plu_- réello de la nécessité sociale. Puisque nous nou s y soumettons sur le terrains des fait:i, pourquoi ne pa,; l'avouer dans la scie nee Y i\I. Ad. Coste prétend d'ailleurs que cette mét hode ne conduit nullement au socialisme. L'autour invoque enfin les illust1·es exemples d'Adam Smith et de. John-Start l\lill, pour se séparer de ceux. qu i veulent foudel' une économie politique pure, abstl'action faite de toute appli cation sociale, Ce séparatisme implique, d'une part, que la science économiq ue peut l!e suffire à elle-même, prétention démentie p11.rl'expérience; il condui t, d'autre part, dans la pratique sociale, à toutes sortes de désel'tions et de palinodies, so mme toute, à l'impo- pularité de la science. L'économie politique e st la seule science qui offre une toile contradiction entre ses principes et ses ap plications. Partout ailleurs il y a concordance. « Quand on fait de l'arpentage, dit M. Coste, on ne cesse pas de faire de la géométrie; il ne faudrait pas non plus que, dans l'ordre social, quand on fait de la législation, de l'administrati on, de la fiscalité, on cessât de faii·e do l'économie politique positive.» Tel e:lt l'esprit dans lequel à été conçu l'ouvrage. Dans l'exécution, l'auteur a donné une assez grande importance aux faits statistiques, et il a traité avec une attention toute particulière la partie relati \'e à l'échange et aux moyens de circulation : monnaie, crédit, tl·ansport. Il c onsidère, en effet, que ce sont los agents principaux d1 la transformation éco nomique. En somme et, bien entendu, doctrine à pai-t, le livre de M. Coste, que nous ne pouvons que signaler ici sans le discuter, es t intéressant à lire. Sous beaucoup de rapports, il montre , les notarles et vains elfor,s tentés var les économistes proprements dits, pour sauver de la juste impopularité dans laquelle elle est tombée, l'économie politique li bérale. Le plaidoyer de M. Coste

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