La Revue socialiste - 1889 - Tome X - vol 02

REVUE DES LIVRES 767. àe kilogramme de laine ont été exportés. Les peaux, les cuirs, acèusent des chiffres extraordinaires. Et voici même que l'élevage va s'enrichir d'une nouvelle branche, celle de l'e:i,:portation du bétail sur pied. De pelits convoi~ de bœufs sont aujourrl'hui dirigés de Buenos-Aires sui· le Havre, et c,e~.essais, paraissent satisfaisants. , . Supposoni.un bœuf rle 600 kilos à Parl'ivée, les animaux perdant en moyenne, 5 OJO de leur poids dans la traversée. Fret pour l'Europe... . . . . . . . . . . . . : . . . . . . . t30 francs Assurance. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5 » Alimentation à bord, et divers............... 50 » Transport du Havre à Paris, octroi et commission de vente. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 27 » Droits de douane. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 38 » Total des frais. . . . . . . . . . . . 250 » Vente au marché de la Villetté, à raison de 0,65 le kilo, en moyenne, poids vif : 600 kilos à 0,6~ = :190francs. L'éleveur argentin tirera donc ainsi en moyenne d'un animal un prix de vente net en Eurnpe de HO francs, au lieu de 60 à 80 francs à Buenos-Ayres. An point de vue industriel. la République Argentine est .encore au seuil de cette troisième phase des pays neufs, qui, ayant passé de l'état pa\ltoral' à l'état agricole, se disposent à se crèer une industrie qui les rend complets et- leur pel'met de se suffire à eux-même2 en grande partie. La domination d~ , l'Espagne, réfractaire au développement économique de ses colonies, pat· une inquiète jalousie de métropole, avait maintenu ce riche pays dans la phase de l'élevage et ce n'est que depuis son émancipation qu'il ose reg::.rder l'avenir. L'industrie, toute primitive, se manifeste par les safr1deros, ou le bœuf abattu se trans - forme tln viande sèche. On en compte présentement de 25 à 30. Puis auprès des saladeros vinrent se placer les fabriques de conserves. Plus céce mment, les sous-produits des saledero~, le suif en téte, créèrent des procédés d'utilisation. Des graserias ou fonderies de graisse de mouton ont donné naissance à des fabriques de bougies. Enfin, la minoterie, représentée par 67 moulins à vapeur ou à eau, la brasserie, a\'ec un établissement important, puis ,des fabriques d'huile de lin, les distilleries, les sucreries, constituent à peu près toute l'industrie argentine actuelle. L'industrie minière es encore dans l'enf_llnce,et pourtant las flancs de la Cordillère des Andes renferment des trésors. Mais il faut attendre que. des chemins de fer sillonnent cette partie ouest du pays, et que des étude_s sérieuses permettent à l'oxploitation de s'exercer sans tatonnements. . De l'iudu~tl'ie, revenons au commerce. Il a, naturellement, suivi la progres-, sion de l'immigration. Il accusait, en 1878, une importation de 43. 759. 1.25 piastres (non compris les métalliques), et une exportation de 37 .523 771 piastres. En 1888, il accuse t27 ,608,000 piastres d'importation et 99 .556.000 piastres d'exportation. Voic.iun tableau comparatif du commerce des principales nations ave~ la République Argentine. Il est plus qu'uu enseignement : Jmporta!ion en piastres Exportation en piastres France ...... .... 1878 8. 985. ttO 9.703.277 » 1888 27. 781.000 28.131.000 Italie. . . .. . . . . . . . . 1878 2.611,763 831.2i7 » 1888 7.732.iOO 2.734.630 Angleterre ........ -1878 11,901.968 3.615.909 » 1888 63. 721.024 17,697.900

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