La Revue socialiste - 1889 - Tome X - vol 02

7-66 LA REVUE SOCIALISTE Hien d'exagéré dans cette comparaison. Ce1·tes, actuellement, une phase critique semble faire mentir les promesses qu'a tenues jusqu'ici la République Argentine. Sans profiter des enseigpement& économiques des Etats-Unis, les gouvernements argentins ont imprudemment demandé au papier-monnaie d'escompter leurs ambitions patriotiques. Ils ont abusé des cédules hypothécaires, dans leur tl'Op hâtif rnuci de « l'aire grand ,,, et s'ils ont atteint ce résultat iuouï, de 2 millions d'hectares mis en culture, de villes bàties comme dans un rêve, de travaux publics gigantesques menés à bonne fin, en revanche, ils ont créé' une situation financière qùi ponrrait bien aboutir à un désaEtre, très passager, disons-le, et qui sera le point de départ d'un nouvel essor, plus mesuré à la fois et plus énergique encore. L'or fait prime dans une proportion effrayante pour le papier. Cette prime s'est élevée, ces temps derniers, jusqu'à 120. Elle est aujourd'hui à 108, environ. Et les transactions inter-continentales exigeant de l'or, on conçoit les difficultés présente~ qui, ,,i ellP.s s'éternisaient, léseraient profondément l'organisme de la République. Néanmoins, un pessimiP.me outr& ne saurait étre admis. Noms ne pou vous, à notre grnnd regret, passe!' en revue chacune d!Js parties de l'ouvr1ge de M. Guilaine; qui est, dit le sous-titre, « l'exposé des conditions et ressources naturelles de la République Argentine, de son agricul-· ture, de ses industries, de son commerce, de son crédit et de ses finances, au point de vue de l'émigration et des capitaux européens~>. Nous allons dooc·y ]JUiser quelques points saillants. La population de la République Argentine est, pour plus des 9[10, de race blanche pure, représentée pat· les descendants des conquérants et des colons espagnols ou µar les immigrants de toutes n~tionaliLés d'Europe établis dans le pays à l'époque contemporaine llt qui s'y mêlent aux nationaux. Sur les 4 millions d'habitants, plus de 3.600.000 sont donc de race caucasienne, dont 2.800.000 nationaux et environ 80_0.000 étrangers, ainsi répartis entre les diver11esnationalités d'Europe : 400.000 Italiens, 10.0.000 Espagnols, J 50.000 Français, 25. 000 Allemands, 35. 000 Anglais, le reste étant composé de Suisses, Belges, Russes, Polonais, etc ... Auprès de cette majorité de blancs se placent e::viron 300. 000 métis et 100.000 Indiens. La conséqueu1:e immédiate de l'irruption des immigrants sur le sol argentin, a été l'agiotage des terres. Sous ce rapport, les craintes expl'imées par Rivadavia et q_uenotre directeur a résumées dans son dernier acticle sur ce grand patriote. n'ont été que trop vite réalisées. Le capitalisme ~t la spéculation ont produit leurs effets ordinait-es. D'une année à l'autl'e, les pl'ix de celles-ci ont considérablement augmenté. G1·âceaux 7,500 kilomètres de voies ferl'ées, qui s'allongent à vue d'œil, portant l'immigration jusqu'aux confins de la Patagonie, au sud, et dans le nord jusqu'au Chaco, l'ex~loitation a gagné de proche en proche. Ce qui, il y a trente ou qua1-ante ans, se payait 3 fr. l'hecta,·e, vaut aujourd'hui 5,000 francs. Les terres mêmes de la Pampa, sur la frontière de Buenos-Ayros, vendues en i880 par le gouvernement 2.000 francs la 'lieue car.rée (:.!,500 hectares), valent en ce moment de 40.000 à -l25.000 francs! Mais en dix ans, l'augmentation de l'exportation agricole a atteint la proporti?n ci-dessus : Blé, ....... . Maïs ............. . Lin, ........... . Exportation en 1878 i09.611 kilos 19.064,044 ,. 104.279 » Expol'tation en 1888 237. 865. 925 kilos. 361. 457. 705 » 81.183. 741 » . Dans ,le même temps l'élevage - qui, peut-être, s'exerce trop aux dépens de l'agriculture - s'est accru da1;1-dses proportions inouïes. En 1887, 218 millions

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