La Revue socialiste - 1889 - Tome X - vol 02

REVUE DES LIVRES 765 REVUEDES LlVRES ~ .................. La République Argentine physique et économique, par Louis Guilaine. La bibliographie des pays sud-américains est chaque année considérable. Malheureusement, elle n'offre que des publications, ou très incomplètes ou très fausses. On y sent par trop le reccutemeot officiel des émigrants européens. On y fait mentir sans scrupule le cadastre et les statistiques. D'où, chez le lecteur, une certaine méfiance. En France, d'ailleurs, on est fort enclin à traiter de blague tout ce qui se passe au-delà d'un certain périmètre. Il faudrait quelques ouvrages comme celui-ci pour réagir contre celte tendance, si funeste aux intérêts français. Le livre de M. Louis Guilaine, de l'avis de tous les hommes compétents, est le plus complet, le mieux conçu, qui ait été publié sur la République Argentine. 1\1. Louis Guilaine, secrétaire de rédaction de la Revue Sud-Américaine, était mieux que quiconque, à même de mener à bien une tâche qui était devenue fort difficile. Il courait le risque de ne rencontrer que scepticisme et indifférence; grâce à une grande compétence unie à une parfaite sincérité, il est parvenu à intéresser, et il s'est fait lire. Une courte in1roduction ouvre le livre. L'auteur y constate le rapide essor de la grande république sud-américaine, qui dans un siècle, n'aura rien à envier au colosse nord-américain : « Qu'était la République Argentine, il y a dix ans, en 1878 i Un peuple d'à peine 2 millions et demi d'habitants, ayant encore à traverser une dernière ..:rise politique, celle de 1880, ponr établir son unité. Un peuple dans l'enfance agricole, disposant des éléments économiques .suivants: Une émigration annuelle de 40.000 colons. Une étendue de terres cultivées d'à peu près 300.000 hectares. Une production de 80.000.000 de francs de céréales et 350.000.000 de produits de l'élevage. Une exportation de moins de 20.000 tonnes de grains. Otis relations d'éch4nge rep1·ésentées par une navigation de 1.700.000 tonues et un commerce e,ctérieur de 400.000.000 de francs. Un r~seau de 1. 950 kilomètres de chemins de fer en exploitation. Un réseau de 95.000.000 de francs. Des éléments de crédits représentés par moins de dix banques avec un capital de 250.000.000 de francs. Et la nation avait alors une dette publique de 100.000.000 de francs. » Et qu'est aujourd'hui la République Argentine? Une nation de plus de 4 million d'habitants, unifiée, ordonnée et pacifiée ; recevant 250.000 immigrants par an; cultivant plus de 2 millions et demi d'hect1;1.res;produisant plus de :so0.000.000 de francs de céréales et 580.000.000 de francs de produits de l'élevage; exportant près de 700.0ùO tonnes de grains ; offrant un mouvement de la navigation extérieure de 9.200 .000 tonnes et du commel'ce avec l'étranger de 1.200.000.000 de francs; comptant 7. 700 kilomètres de chemins de fer en exploitation (mai 1889)i jouissant d'un revenu de plus de 300.000.000 de francs; disposant de la puissance de crédit de 50 banques avec un capital total de 2.100.000.000 de francs; et enfin ayant une dette publique consolidée, intérieure et extérieure, de 785.000.000 de fràncs (fin 1888). « Que l'on compare ces tableaux i,i différents de la République Argentine en 1878 et en 1689, et qu'on dise s'il n'y a pas là un phénomène social digne dE1 l'observation des penseurs, une puissance économique d'un ressort prodigieux, qui s'impose à l'attention des hommes d'affairesî

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