La Revue socialiste - 1889 - Tome X - vol 02

764 LA REVUESOCIALISTE mais le prudent prélat lui répondit que sa religion lui défendait de prendre partie dans les conflits entre le travail et le capital. Heureusement que cet appui, il l'a trouvé ailleurs. Le docteur Nissen, un médecin généreux, s'est joint à lui pour prendre la parole dans les meetings, et récemment il a vivement ému tout l'auditoire en exhibant devant lui quelques-unes des malheureuses ouvrières atteintes de l'intoxication phosphorée et abominablement défigurées par la nécrose des os. BRÉSIL PROCLAMATIODNE LARÉPUBLIQUE-. C'est avec joie que nous saluons la brillante aurore de là nouvelle République Américaine. Accomplie sans aucune effusion de sang, la Révolution brésilienne était latente depuis plus de 60 ans. Les loges maçonniques, très florissantes, appartenaient au parti républicain et se trouvaient dernièrement entre les mains des membres du gouvernement provisoire tels que Benjamin Constant ou l'ardent anti-esclavagiste Rocayava, directeur du grand journal OPaiz. Depuis l'avènement de Pierre II, le Brésil n'a guère été autre chose qu'une fédération constamment en état de conflit et composé de parties rivales aspirant toutes à la suprématie, mais sagement maintenues en équilibre par l'empereur, dont la personne, d'ailleurs hors de cause, emporte l'estime des républicains eux-mêmes. Nous ne craignons cependant pas, avec les pessimistes, la division de ce vaste territoire 15 tois plus étendu que la France et n'ayant pas le quart de sapopulation. Les Etats- Unis du Bre'sil sauraient au moins imiter la confédération amicale des cinq Républiques de l'Amérique centrale. - Bref, tous les amis du Brésil fondent les meilleures espérances sur la très prochaine Constitua.nte. A. VEBER.

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