La Revue socialiste - 1889 - Tome X - vol 02

760 LA REVUE SOCIALISTE langers rle se metti·e en gt'ève le 9 novembre, a suffi pour faire capituler les patrons. Ils l'ont fait, il est vrai, pour la plupart, de mauvaise grèîce, mais ils ont tout de même capitulé, malgré des résolutions énergiques prises entre eux. Non tous à la fois cependant, mais jour par jour. Les ouvriers boulangers ont donc obtenu de ne travailler que 60 heures par semaine, ainsi qu'une augmentation de l'heure de travail supplémentaire. Cependant, tous les patrons boulangers n'ont pas capitulé et ceux quirésisteJ1t encore sont les petits patrons. Aussi le syndicat des ouvriers boulangers a-t-il fait imprimer une carte qu'il distribue aux patrons qui ont cédé; cette carte mentionne que le patron qui la possède paie ses ouvriers au taux. agréé et par ainsi, le public est averti qu'il peut acheter son pain chez lui. LES TAILLEURS-COUPEURS SE FORMENT EN SYNDICAT. - Ce Syndicat dont la naissance date d'une quinzaine de jours, a fait de grands progrès dans ce court espace de temps. Sur les 1.500coupeurs de Londres, plus de 300avaient payé leur entrée d'un shilling avant que l'union fut vieille d'une semaine. Ces coupeurs representent l'aristocratie des tailleurs. Leur plainte principale est le manque èl'uniformité des salaires. Chaque maison paraît avoir un taux différent de paiement, {le sorte que certains coupeurs sont bien payés, tandis que d'autres, pour le même truvail, reçoiYent a peine la moitié de ce que gagnent les premiers. UNEIl0URSEDU TRAVAIL A LONDRES.- Un pressant appel a été fait auprès du Conseil des métiers de Londres (London Trades Council) pour que la discussion de la création d'une Bourse de travail semblable a celle rle Paris, soit mise à l'ordre du jour du proehain meeting. Les membres du Cons~il municipal de Londres (London County Council) ont été consultés sur ce sujet et 30 d'entre eux ont promis de clonner leur concours a cette entreprise. RAPPORT DU Board of Trade SUR LES Trades-Unions. - Le rapport deM. Burnett contient d'intéressants détails sur les TradesUnions en 1888. Trente deux sociétés qui accordent des pensions de retraite ont dépensé de ce chef, une moyenne de 67.375 francs chacune. Soixante-sept donnent des secours aux membres sans ouvrage, au prix moyen de 62.575 francs chacune. Quatre-vingt-une paient les frais d'enterrement, et rlece chef, ont dépensé une moyenne de 12.125 francs chacune. Trente-sept sociétés seulement ont employé leur fonds a soutenir rles grèves, la dépense étant en moyenne de 20.975 francs pour chacune, somme qui comprend, dans quelques cas les frais d'arbitrage. En tout, environ 10.825.000 francs ont été dépensés aux pensions de retraite, subventions aux malades, aux membres sans ouvrage, frais d'enterrement, etc., tandis que 877 .500 francs seulement, correspondant à la quatorzième partie <le la dépense totale, orit servi au soutien des grévistes.

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