LE MOUVEMENT SOCIAL EN FRANCE ET A L'ÉTRA1'GER 761 LES GRÈVESDE 1888. - Le bureau du travail ( Labour Bureau), récemment institué en Angleterre, sur les instances de M. Bradlaugh, vient de publier un rapport sur le sujet ci-dessus, avec l'intention d'en publier un semblable annuellement. De ce rapport, il appert qu'il y a eu 509grèves en 1888, dont 332ont été arrangées a l'amiable.· Dans 77 des 509 grèves, on estime la perte des salaires a environ 2 millions de francs. 96 grèves ont coûté aux sociétés qui les soutenaient environ 550.000francs. Lespatrons prétendent que 123grèves ont paralysé un capital fixe de 150 millions de francs, entraînant une grande perte d'intérêt, tandis que les simples frais de clore et - de réouvrir les ateliers augmenté des dépenses courantes et des salaires permanents durant les grèves ont causé dans 107 grèves une perte pom' les patrons de 1.178.000 francs. ALLEMAGNE DISCOURDSELIEBKNEICHrsulra nouvelle loi contre les Socialistes: - Votre loi durera aussi longtemps que votre politique et votre administration de circonstance, pas davantage. « Ce que nos gouvernants-nous jettent à la face; ce ne sont pas. comme ils disent, des amendements, ce sont des renforcements à la loi. " Parce que Hoedel leva le glaive meurtrier contre l'empereur, on s'écrie avec une amusante unanimité : Faites une loi contre les social-démocrates! Mais où prend- on que Hoedel soit' le représentant des social-démocrates? A ce compte, il suffirait d'être social-démoc1·ate, député, conseille1• ou journaliste, pour être qualifié du même coup d'assassin. C'est une façon trop commode de faire de la pression gouvernementale. « Hoedel était, tout le monde le sait, un agent de Stocker. Vous parlez de Nobiling 1 Qu'a donc à faire Nobiling avec la loi contre les socialistes 1 Tout le monde le sait aussi : il fut l'instrument inconscient des nationaux libéraux. « On dit. - et cela est vrai en partie, - que, sans ces attentats, le gouvernement n'aurait jamais songé à faire une loi contre les socialistes. Mais ces attentats, il avait eu soin de les provoquer d'abord. « Ceci est le point. « La loi contre les socialistes repose sur de fausses bases historiques, a pro~ prement dire sur un mensonge odieux, sur la machination policière du complot factice. a Sans la loi contre les socialistes, on n'aurait pas pu faire voter les droits de douane sur les blés. Pour obteni1·ces droits, il a fallu terrasser le parti qui faisait la plus vive résistance. « Malgré cela, nous ne sommes pas vaincus. On peut voir,après onze ans de lutte, que le parti socialiste est le plus fort et le mie_ux organisé. Vous êtes seulement parvenu à nouv faire changer de tactique. < Ap!'ès la confusion du premier moment, notre parti s'est trouvé plus fort qu'auparavant. Nous n'avons pas commis d'ex•cès; nous sommes un parti voulant le progrès légal. Sans cela, aucun des créateurs <lela loi contre les socialistes ne serait encore en vie. « La loi contre les socialistùs est un arbre empoison!!é qui a eu pour fruit le
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