La Revue socialiste - 1889 - Tome X - vol 02

750 LA REVUE SOCIALISTE attribuons à la Commune. Pou1' les jacobins de toutes nuances, l'État est le grand 'I'out, lo dien Pan, en qui tout doit yiwe et se monvoi1·. Ponr eux. l'Ét.at n'est pas seulement un organe particulier ayant sans cloute la plus graudo importance et une haute destinée, n1ais c'est le corps social tout entier. Ils no comprm1nent pas, ceux.- là, que l'on puisse entrer clans la Yie sans billet d'ent1·ée de l'i~tat, ni s'en alle1· de ce monde sans passeport de l'i~tat; ceux-là non plus ne nous pardonneront pas ù'ayoir enlHé h l'~~tat tout sou lustre, toute sa splcnclcu1·, ses brillantes m·murcs, ses belles robes rouges et noires, pour le reYêtir de la blouse du mineur ou de la wstc du chauffeur de locomotiYe. Plus cle géné1'aux de la R('publique, plus de pl'Ocureurs rle la République! Mais encore uno fois, ceci aussi est l'abomination de la clésolation? Faire de la Commune le pivot c1c l'organisation sociale, mais ne voyez-vous pas que c'est ridicule! la Commune n'est qu'une simple snbdiYision tel'l'itorialo du dépa1-t.ement comme celui-ci est une simple RubcliYisioncle l'i~tat : à ce dm·- nier la nomination du préfet et du maire, du gouyerneur et. du bourgmestre. Ainsi le Yeut la Républicgie une et inclivisiblc! Quant h Yotre Commune sociale qlü, au lien de se contenter de 1·eceYoirla Yic de l'J~tat, pt·étenc1an contraire que c'est r1'elle que l'l~tat doit (\maner et aRpi1·eà faire de l'État un rouage clu socialisme! cc n'est qu'une Yieillo pétroleuse clont nous connaissons les exploits et que trnis fois déjà nous avons massacrée aux cris do Vive la République: en 03 par la guillotine, en juin 18,18 pm· la fusillade, en mai 1871 par· la mitraillade! - Très bien, 1\lessic-urs les µTands citoyens de la l\Iontagne ! Nous ayouons qnr YOS foudros sont un peu plus tc1·- ribles que celles de yos alliés clu moment, les g1·ancls prêtres de la secte économique ol'thodoxe, qui se contentent cle donner à vos exploits la consécration de leur science : au nom clc la liberté du traYail, laissez traYaillel' le chassepot, laissez faii·e la miti·ailleuse et laissez passei· les balles à traYers les flancs du peolétai1·e... l\Iais c'est précisément, Messieurs, parce que nous ne Youlons plus nous laisser condamner, emprisonner, fuRiller ou guillotin01·, que nous ne Youlons plus de vos juges: c1oYOSgeôliers, do Yos sbires et de vos bourreaux. A la conception jacobine de l'État omnipotent et clc la ('ommnue subalteruisée, nous opposons la conception de la ('ommuoo émancipée, nommant elle-même tous ses administrateurs sans exception; faisant elle-même ses règlements, ses services locaux et sa poliee. A la conception « libérale » de l'Ètat-genc1armo, nous opposons la conception cle l'J~tat désarmé, mais chargé n'instruire la jeunesse et de centraliser les grands travaux d'ensemble. - La Commune cleYient essentiellement l'ot·gane clos fonctions politiques ou quo l'on a appelées telles: la loi la justice, la sécurité, la garantie des con-

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==