748 LA TIEVUE SOCIA.LISTE tages sociaux et de ressources matérielles et intellectuelles que procurent et procureront toujours les grands centres dans les pays ci ,·ilisés, eu égard aux villages écartés. Néanmoins, nous concevons que ces services étants facultatifs et non tout à fait indispensables, il n'y a pas la même iniquité flagrante à ce qu'ils soient payés directement par celui qui en use, que pour la sécurité, la justice, l'hygiène, la médecine, l'instruction. Dans tous les cas, l'État et la Commune doivent procurer ces set•vicespublics aux prix de revient; ils ne doiYent pas en bénéficier, car ce serait alors prélever un impôt indirect qui pèserait sur la production. Nous en dirons autant des services publics qui consistent dans une production proprement dite, c'est-à-dire dans la création de certains objet.sdestinés soit à servir de matériaux à l'industrie, soit à satisfaire la consommation privée, tels que l'extraction de la houille, la fabrication du fer, celle du gaz d'éclairage pour l'intérieur des maisons, etc. Suivant le mode de distribution adopté, on peut concevoir ces produits distribués suivant une certainé base à discuter pour chacun d'eux ou simplement vendus à ceux qui veulent les emp,oyer. (Voir plus haut ce que nous avons dit de la fonction commerciale ou distributive, attribuée à la Commune.) XII Nous ne nous dissimulons aucunement que la manière dont nous entendons la question des services publics heurte de frnnt bien des systèmes arrêtès. Nous savons, notamment, que notre conception du rôle respectif de la Commune et de l'État, étant données les idées en Yogue, est de nature à provoquer bien des réclamations, bien des protestations. Les économistes continuateurs de !'École de Manchester, les disciples de Bastiat en tête, ont réduit la fonction de l'État au rôle de gardien de la sûreté publique; nous ôtons à leur État-gendarme son bancal et son baudrier, et nous remettons la sécurité publique à la garde de la Commune; ceci, ils nous le pardonneront peut-être, mais ce qu'ils ne pourront nous pardonner, ce qui sera à léurs yeux l'abomination <le la désolation, c'est d'oser remplacer, aux mains de l'J~tat, le sabre qui tue par le livre qui éclaire, par la pioche qui déchire les entrailles de la terre, par la locomotive qui transporte au loin les voyageurs et les produits; c'est d'avoir fait de l'État, au lieu d'un agent de la compression et du despotisme, un agent d'instruction, et un agent de production et de circulation des produits. Nous ayons vu de l'État ce qu'on en voit et ce qu'on n'en voit pas; nous avons vu de nos .yeux, et non av~c les lunettes de Bastiat, que
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