La Revue socialiste - 1889 - Tome X - vol 02

746 f,A nI~VUE SOGfALISTE lurgiques. l'État ou la Commune deYant ici être propriétaire du matériel et livrer les matières premières, le système de l'entrepriso de ces travaux par les collectivités ouvrières s'impose de lui-même. Et c'est ainsi quo nous pournns nous figurer l'oxécntion de ces services comme pouvant très rationnellement consister dans l'avenir en un systèmo ainsi combiné : l'État ou la Commune, suivant le deuxième mode; exécutant en partie directoment le service po.r ses fonctionnaires; mais, suivant le troisièmo mode, l'exécutant aussi en partie indirectement en confiant l'entreprise des travaux pat'tiouliers, aux groupes ouvriers devenus entrepreneurs collectifs. Par exemple: l'État laissant au groupe des mècanioiens l'ent,reprise de la oonstl'llction des machines, de la direction des looomotiYeset do leur réparation; au groupe des débardeurs, l'entreprise du chargement et du déchargement des wagons, etc, Arrivés à ce point, nom; voyons de plus en plus disparaître la différence entre la condition faite aux ouvriers des travaux publics, mines, usines et ohantiern de l'État ou clela Commune, et celle faite aux ouvriers des autres grandes industries collectives. et nous voyons s'éteindre la faible nuance qui, à ce point de vue, distinguait le collectivisme restreint ou corJ)Oratit d'âvec le cori:ln1unismeou collectivisme plus général. Dans l'tm comme dans l'autre cas, le travailleur n'est pas le maître absolu de dispuser comme il l'entend clos instruments de travail et du matériel; dans l'un comme dans l'autre casj le salariat individuel disparaît, et c'est le groupe luimême qui paie au travailleur le juste salaire quo mérite son travail et dont le travailleur dispose comme il l'entend. Et de plus en plUs1 comme nous le clisirmsplus haut, la propriét.6 corpot'ative elle-même sé transforme en propriété social.e. XI Avallt de tel'miuer ces considérations sur les services publics, il 1•ei:;tern.eitnool'e à élucider commetlt il convient de payer les services pnblics. La Oomtnuno et l'Etat doiventa.ils les donner gratuitement, ou les faire payer directement par ceux qui les emploient? Il nous paraît inutile de tlémontI'eI' que certains services publics qui constituent une garantie sociàlè Indispensable pour tous, tèls qne le service de la ~écurité, de la jllstice et de la police, celui tlo l'état ciYil, des cimetières, de l'hygiène publique, de la tnétlecinc ot do l'instruction devraient, clans tous les ~as, être gl'atuits, si 11011 ne vout blesser profondément l'équité et la morale, ou porter do g1•avesatteintes à la santé publique. « Ainsi, les taxes jt1<lioiail'cs, dit Rossi ~1),quelqlte déguisement q11'ollesprennetlt, qu'elles soient (1) Rossi, Couts d'Econontle politique, (!6 volume, X.lll 0 leçon.

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