La Revue socialiste - 1889 - Tome X - vol 02

738 LA REVUE SOCIALISTE ceux faisant fonctionner les auL!·es industi·ies? - Cette différence, si elle existe, ce n'est pas nous qui la faisons, ni la désil'Ons : ce sont les faits eux-mêmes qui la créent et l'imposent. Les premiers rle ces groupes ont en main un monopole, et pom' être remis entre les mains <leti-aYailleurs au lieu de se trouver entre les mains do capitalistes, ce monopole n'en serait pa::;moins dangereux. L'État et la Commune, chacnn <lan::s;on ressort, pouyent souls monopoliser, pa1·ce quo l'État et la Commune, c'est tout lo monde, et que ·10monopole de tout le monde n'est plus le monopole. Mais, au fond, cette clitférenco est-elle bien aussi profonde qu'on se plaît à le dire? Dans l'une comme dans l'autre catégorie, le traYailleur n'e::;t.plus qu'un n10mb1·ed'un vaste organisme; dans l'une comme dans l'aufre, il no di::;posepaHon maître de son outillage, <le ses matériaux, de ::;onatelier; dans l'une comme dan::;l'autre, lo traYailleur n'est plus absolument libre de tr,wailler comme il l'entend et, quarnl il l'entend. Quo ce soient la <lesfaits regrettables ou1non, la question n'est pas la, car tous les reg1·et,-;du monde ne feront pas retoumer la sociét,(,vers son 6lat primitif, aYec sa primitiYe ÜHlustl'ie. Cel'tos, le fileur à la main, lo fo1·gol'on du village, le hûchel'On de la forêt, le courrier, le roulie1·, étaient pluH ifülépondants dans h~m·fraxail, plus maîti·eR de lem· ontillage et <le leun, matériaux cle Jll'0<1uction,ciue l'cnrnier de la manufactm·e moclerne, quo le métallurgiste <lela Vieille-Montagne, que le mineur <le nos charbonnages, quo le machiniste rl'nno locornotiYo. quo l'employé cle la poste; mais le sanrnp:e aussi est plus in<lepernlant de seHsernl>lallles que le civili8é, et nous n'y Yoyons pas une 1·aison pour retom·n01· rn1·s la sm.iYagei'ie. Au surplus cette 1lépornlance plus p:rande pendant le tra;rnil, qui, aujourd'hui, arnc la domination capitaliHte, e.,;t, sans compensation aucune, dans la société futm·e, conespornh·a à une diminution notable dans la durée du. tranlil, à une cel'taine Yariété clans le traYail, à la plus grande indépendance possible après le traYail, au bien-être rnatél'iel et moral le plui'l g1'and possible. Seuls, les artisans tle la petite industi·ie (si celle-ci continue à exiHtei·) joui1·ont cl'une certaine irnlépenclancè indiYicluolle pendant le travail, pom· autant que leur trayail 1·este individnel; mais pour ga)'(lOt'cette inclépcndnnce complète, ils den·o1It. alo1·srenoncer aux axantaµ·es économir1ucs do la coo11ération. X Après aYoir examiné quels sont los divers :c;e1•vioes publics dont la nécessité est immédiate et évidente; aprèR avoir ossayé do èl6terminer à qui incombe l'exécution Ile cilacuu do ces sei·vioeR publies; ap1·ès aY_oi1e·,nfin, recherche s'il n'est vas certains tra-

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