La Revue socialiste - 1889 - Tome X - vol 02

DES SERVICES PUBLICS 737 Les industries du premier degré peuvent rester les industries individuelles, si le trayailleur y est a lui seul producteur d'un prorluit complet; ou si, pour des raisons d'économie ou pour toute autre consiclé1·ation,le-traYailleur de la petite inclustrie yeut s'associer avec des collègues, c'est en vertu d'une conYention qui peut se rompre au gré des parties; il ne s'agit là que d'une association qui peut se dissoudre ou se reformer suivant les circonstances, d'une simple société coopérative ou de quelque chose d'analogue a la société en nom collectif rlu Code de commerce. Il 'n•en est pas de même pour les industries du second degré. Ici le travail collectif étant inévitable, nécessaire, la propriété collective des instruments de travail est absolument indispensable. Et ici, il s'agit de faire de ces instruments, non la propPiété de quelques traYailleurs du métiee, mais du corps de métier dans son ensemble. Il faudrait donc réaliser une combinaison dont la formule est loin d'être définit.iYementfixée, une forme d'association encore indéterminée aujourd'hui, mais en ycrtu de laquelle les instruments de travail, l'outillage, les macllines, les matériaux., en un mot, les capitaux de toutes sortes, nécessaires au fonctionnement des chantiers, des usines et des manufactures, seraient la propriété collectiYe, indivise, anonyme et impersonnelle du groupe industriel luimême, quel que soit le va-et-vient des travailleurs entrant clans ce groupe ou en sortant, et non la propriété de telles et telles personnes qui se trouveraient être les membres de ce groupe au moment de la liquidation sociale ou a tout autre moment donné. Nous trouvons aujourd'hui quelque chose d'analogue pour les biens appartenant aux .communes et pour ceux qui appartiennent aux corporations ou institutions quelconques auxquelles la loi confère la personnification civile. La personnification civile conférée aux syndicats ouvriers ou unions.de métier, dont 011 parle beaucoup, sera un acheminement vers cette forme de collectivité. Enfin, quant aux industries du troisième deg1·é,vu qu'elles sont revêtues du caractère d'entreprises sociales, de services publics, soit par leur nature même (comme les chemins de fer, les compagnies de paquebots, les compagnies pour le percement d'isthmes ou demontagnes, pour les irrigations ou les dessèchements, etc.), soit par suite du développement économique (co~me les charbonnages, les mines et les carrières, les grands établissements métallurgiques, les grands chantiers de marine, etc.), il faut que leur gestion rentre dans l'administration des affaires publiques du pays, et leur matériel dans le domaine public de l'Etat. Mais, nous dira-t-on peut-être, poul'quoi cette pl'ofonde différence entre les groupes industriels faisant fonctionner les autres industries que vous .appelez entreprises sociales et services publics, et 47 ,,

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