70 LA REVUE SOCIALISTE consone un caractère c.sscntiellement égtïsü=•. Eu raison do la constitution h6tél'ogèn0 d0s sociétés, elle ne sert Yé1·itablcrnent, qu'à unir les intérêts spéciaux. c10sfractions groupnles et cont1·ibuc à cnt1·rtenir la lutte euti·r les nations, et la lutte entre les clas:-;e• ll°lllle m(•rne nation. Cette cl0rnièrc pa1-ticularité rst la plus <kploeablc' parce qu'elle est la plus gro:-;se<lerésultats néfaste:-;. Ainsi, l'esprit <1e justice est toujour:-; combattu par l'esp1·it d'égoïsme et nous assistons à crt étrange spe,dac}c, cleles -roir ln'il - leret s'éclipser tour à tour. La gradation est constante, lutte cl'lllH' classe contre les classes supérieures qui l'opp1•iment, mais, en même temps, tenc1anceégoïste de la même classe à augrneni 01·son }Jicn-êü·e en opprimant les cla:-;sesin(friem·cs. Et ainsi ,le suite, du haut en bas de l'échelle sociale, jusqu'à la c1ernière classe, qui n'ayant l'icn ;:tu-dessous d'elle, ne p0ut naturellement opprimer personne. ])u reste, ce qui fait la gran<le supé1·iorité morale des l'C'Ye11<licatious populaircs,c·est qu'on ne peut accuser le peuple cle faire subi,· à 11'autres les injustices clont il se plaint. Ne p01nant niel' la kgitimilé <leson appel, il n'est guère faril0 de lni oppos01·une fin de non receYoir, basée sui• une indignité im11ossible·à prouYC'r. Les puissants se contentent,♦ lo1·squ'ils se croient suffo,amment forls, cle :--c renfermer clans un cléclaigncux.:-;ilcnce,tout en édictant cles me:-;m•0:, rrstrictiYes, qui <lurent jusqu'au moment où une force supérieure, morale ou Yiolentc, Yient l0s b1·ise1·. Ces forces-là, si elles ti0nnent une épée, s'appellent les <iracc1ues, Etienne M,u•cel, 1\Iazaniello, Jacques d'.\.rtcwelrl; si elles emploiC'nt seulement la plume' ou la pa.rolc 1 on yoii. para.iiee « l'Enc:rclopécli0 » « 10Contrat social»,« lC'sCahiers <1080 » et. tmr fois l'élan donné, los précm·sem·s se succèdent: St-Simon, .\.nguste Comie, Fourier, bientôt suiYis ,10la plé'ia,lc militante rlu Socialismr contempo1·ain. Malgré toutes les causes <led<•sag1·égalionqui aff0ctent los ~oci<·tés, ce qui semblerait pt·ouyer que l'unité humaine est une <lesconqHêtes morales que l'ayenir nous J'éscn·e, c'c:-;t que nou:-;y nHtl'chons,pour ainsi <lire d'instinct, et qu'il est des rnom0nt~ où nous la réalisons, dans les limites restreintes de notre sphère ,l'action . . Quels que soient les éléments clisparaies qui composent un gmupr, quelle que soit la cliYision1•iyale<lessous-groupes,il suffit déjà d'uno surexcitation religieuse ou patriotique, pom· produi1·eun accord , 1ui, pour être momentané, n'en est pas moins complet. Pourquoi l'union lrnmanitair<' pc se ferait-ellr pas également? En principe, moins une nation renfcrnw ,le sous-groupes; ou, plus ces sous-groupes, pal' affinité, ou par un contact pl'Olongé, out pu se fon1l1·cet. 'adaptc'11 , plus elle se rapproche d0 l"unité typiquo et plus, alors, la moyenne cles impul. ions caracté1·iclles se généraJi:-;e t donne naissance à cc qu'on appelle lo c caractère na,iional »,
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