LE Tf\ANSFOflMISME ET L'ÉVOLUTION SOCIALE 71 Chaque nation a pour aim.i dire son sobriquet: ce sont ses qualités ou ses vices dominants, qui se t.rouYent malignement condensés dans quelques qualificatifs symboliques et qu'elle porte attachés, comme une èt.iquet.t.e.C'estainsi qu'on e. t presque toujout's entraîné à écrire, à coté du nom d'un peupl<:>,l'adjectif ou les adjectifs qui lui sont uniYersellcment appli<1Ms.Quand on parle cluFl'ançais on ajoute: « lAger, r,;piritnel, chm·aleresque »; on dit <lel'fü,pagnol qu'il est« fier, g1•ayeet loyal», de !'Anglais qu'il e. t mercantile et égoïste, de l'Allemand qu'il est bmtal. On <litencore, la France g-énéreuse, la prnliboncleAlbion, la mystique et nuageuse Allemagne, etc ... Or, nous y insistonr,;, si des nations où. se manifestent presque constamment, des dissi<lences intei·ieures, politilgies, religieuses ou économiques; si, d'un amalgame composé de chrétiens, de juifs, de rnusulm11,ns,où se rencontrent nobles. e et peuple, riches et pam-res, bourgeois et prolétaires; si dans ce pèle-,mêle, on peut distinguer une caractél'istique; si même, dans c:ertaine,; circonstances, tous les cœm's peuYent Yibrer à l'unisson dans un patriotique élan, il nous semble qu'il est permis de clédui1·e,qu'un mème lien de .concorde poul'rait rassemble1\ par une indissoluble et pacifique alliauce, les nations divisées, qui ne chel'chent actuellement qu'à s'enfre-<lévorer. Le tout est de s'entendre.- C'est a notre époque qu'incombe .cette tàche difficile, mais non impossible. Espérons- le ! Résumons rapidement les principales idées que nou. arnns esquissées a grands traits, dans Je cours de cet.teétude que sa brieYeté r.end nécessairement incomplète. Historiquement, ce sont les indiYidualités ou les minol'ités qui prornquent les transformations sociales. Les majorités sont eutraînées, par perima. ion ou par force, et suiyent aYeuglément. L'en-h'aînement. est progressif ou régressif, selon que l'idée mere est hW)lanitaire ou 1·ôt.rogade. -Tel est le fait qui prouye l'inégalité de: aptitudes, mais ne pel'- met pas de concluee à l'infériorité néceissairc et naturelle des in<lidns ou <lesclasses, Lesuns par rapport aux autres. Cette j.n[ét·io1·ité tient plutôt à <leseffets réflexes cl'hél•éclité,ou à des causes sp(\ciaJcs résultant des difiérences de culture et de milieu. Quoi qu'il en sojt lies raisons <le cette infériorité, il n'en .est pas JUo.insvraj .qv'el,le existe socialement. Peu importe qu'on nous clise que les supériorités géuia,:les»e font que condenser les aspirations éparses dans le groupe, en leur donnant un corps; que les précurseurs ne sont que les traducteurs de la pensée èommune et, qu'à ce titre, nous tlcYonsbeaucoup rabat- .tre de l'admü0 ation que nous professons pour eux.
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