La Revue socialiste - 1889 - Tome X - vol 02

730 LA REVUE SOCIALISTE phie, comme les mines,une grande industrie sociale, le plus important et le plus essentiel do tous les services publics? IX Mais, nous dira t-on, peut-être si cette tendance à devenir un jour un grand service public, est vrai pour l'agriculture, n'est-elle pas vrai pour toutes les autl'es industries, doa t une bonne pal'tie tendent à s'exercer :ur une geande échelle et dont les autres sont déjà dès à présent parvenues à ce degré de développement? Ge que vous dites des mines et de l'agriculture ne convient-il pas aussi aux autres industries? Et ne faut-il pas, dès lors, considérer toutes le3 branches de la production comme destinées à être constituées en service publics? Ne ,·oyez-vous pas que nous tombons ainsi dans le plus effroyable communisme! C'est une chose étonnante que le pouvoir qu·ont certains mots, d'effrayer les esprits, alors que l'idée à laquelle ils correspondent court le monde et est très bien admise pourvu qu'elle se déguise sous un autre nom. Ainsi en est-il du mot an•archi~, qui fait dresser les cheveux sur la tête de nos bourgeois, alors que la réduction indéfinie des fonctions gouvernementales et finalement de l'abolition même du gouvernement, est le dernier mot des économistes du laissez-faire, patronés par ces braves bourgeois ! Ainsi en est-il de l'idée de l'Etat et de l'intervention de l'État dans les affaires industrielles, pour une autre catégorie de personnes, qui renfe!'me à la fois les économistes officiels et les socialistes anti-étatistes, alors qu'une administration centrale, l'État, en un mot, est une chose dont on pouyait fort bien se passer naguère ayant la grande production moderne, mais qui est deyenue et devient de plus en plus une n6cessité sociale en présence de la grande production et de la gl'ande circulation, comme 01·ganè normal de la centralisation économique, comme direction normale des grandes industries qui fournissent la matière première de la peoduction et des grands moyens de transports qui vont porter les marchandises à la consommation. C'est à tel point nécessaire, qu'a défaut de cette centralisation économique ~ntl'e les mains de l'Ùtat, les forces économiques se centralisent quand même entre les mains de puissantes compagnies qui sont <levéritables États oligarchiques. Le mot communisme, lui, a eu la singuliè1·e faveur d'être repoussé par les socialistes comme une calomnie, d'être envisagé par les économistes comme la plus grande des utopies, d'être enfin aux yeux ùe la bourgeoisie une théorie consacrant le vol et la promiscuité en permanence, enfin la pirn des pestes. Quant à nous, qni ne nous efft·ayons pas du mot « État » si épou-

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