DF.S SEIWICES PUBLICS 731 vantable aux yeux de quelques-uns, pas plus que du mot « an-archie », si terrible aux yeux des autres, pourquoi nous effraierionsnous nu mot «communisme»? En supposant même que ce mo t n'ait pas un sens clairement défini et ne présento pas une idée pae faitement rationnelle, moins que tout autre il doit nous effrayer; cai· le communisme, envisagé dans le passé, a toujou1·s été la forme , sentimentale ou mystique, nous le voulons bien, mais énergique et i·adicale, dont les classes déshéritées 1ioussées par leurs agita teurs, depuis Spartacus ju qu'à Babeuf, se sont servies pour mani festel' leur éternelle revendication, et faire entendre leur incessante p1'0testation contre la misère et l'iniquité sociale. Mais le mot « communisme» a aussi une signification plus précise. Il représente une idée réellement scientifique. Oommuuisme veut direpropriété commune, propriété publique, propriété de la so ciété. Nous savons, en effet, que les choses, au point de vue du fai t de leur appropriation par l'homme, peuvent être de deux genres : 1 ° Non appi·opriées, c'e ·t-à-dire p,·opriété de peesonne, comme l'air, la majeure partie des mers, certaines terres inhabitée8 c omme les pôles ou l'Afrique centrale. 2° Être appropriées, devenues propeiété do l'homme. Et parmi ces dernières, c'est-à-dire les choses appropriées.il y en a de deux espèces : A. Il y en a qui sont propriété sociale, c·est-à-dire qui sont du domaine public, à l'État ou à la Commune; exemple nos monuments publics, nos l'ues, nos routes, les chemins de fer de l'État, etc . B. Il y en a qui sont propi·iété particulière, par exemple les te rres de M. X., l'usine de telle compagnie, ou notre vêtement, etc. , etc. Enfin, parmi ces dernières il y a encore deux variétés: A. - Des objets qui sont propriété particulière de groupes, d 'associations, de compagnies. B. - Les objets qui sont propriété tout à fait individuelle, c' està-dire qui appartienrtent à un seul particulier. En matière de propriété, les mots commu11isme et individualisme expriment donc deux exteèmes, l'un la propriété commune o u sociale, l'autre la propriété individuelle; et, il n'y a et il n'y aur a jamais, les plus grands utopistes, communistes ou individuali stes, n'ont jamais pu supposer une société où 11 n'y ait une certaine dose de communisme, celui-ci ne consistàt-il que dans la propriété des l'ues, et une certaine dose d'individualisme, celui-ci ne c onsistât-il que dans le pain que mange l'individu. Quant au terme noùveau de co·uectivisme, il a une signification plus étendue: il signifie propriété collective en général, soi t propriété des grandes collectiv~tés État ou Commune, soit proprie té de
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