726 LA tl.EVUE SOCI.',LISTE DES SERVICESPUBLICS (fin). VIII Abordons à présent la question de.Ja propriété terrienne, ou plutôt de la gestion clu domaine foncier. • Pour <lesraisons qui ont été émü:;es assez longuement dans d'autres trayaux et que nous n'ayons pas à rappeler ici, la terre cloit cesseL'd'être aliénée à <lesparticuliers et doit devenir la propriété collective ùe la société entière (1). Mais il reste à sayoir à qui clen·ait incombet' l'administration de cette propl'iété sociale: serait-ce à l'J~tat? serait-ce a la Commune? Eh bien, ici nous croyons que la solution (du moins la solution premiè1·e et immédiate sinon la solution rléfiuitiYe)pour,·a varier d'un pays a un autre. Dans les pays ùe grande culture, où de vastes étendues de terres, cultivées avec ensemble, ou du moins faisant partie d'un seul et même domaine, s'é•tendent parfois sur plusieurs Communes, et où en même temps les traditions historiques font considércw la terre comme une propriété nationale détenue par la noblesse en échange de quelques anciens services rendus à l'État d'autrefois, il est à peu pt·ès sûr qu'on areivera immédiatement à la nationalisation du sol plutôt qu'à sa communalisation. C'est, en effet, la NATIONALISATION du sol que réclament les traYailleurs anglais et avec eux les économistes les plus (1) Voir nos deux Momoires sur la propriété foncière, présentés l'un au Congrès de Brnxelles (1868), l'autre au Congrès de Bâle (1869). - La nécessité de l'entrée du sol à la p1·op1·iétécollective de la société, ne fut d'abord proclamée que par les socialistes, notammeut par Colins et pa1· De Potter, par Charlier, socialistes belges, ainsi que par le socialiste flamand Oekeyser, dans son ouvrage I-Iet Natui:rregt et quelques autres écrivains de divers pays. Aujourd'hui elle est reconnue par l'élite des économistes contemporains; qu'il nous suffise de citer Stuart Mill (Examiner), Ilerbel't Spencer (Social Statics) et R. Savage.M. De Laveleye,pl'ofesseur d'économie politiq\le à l'Univel'sité de Liège, a publié depuis lors tout un livre en faveur de la pl'opriété collective du sol. C'est évidemment un phénomène tl'ès curieux que de voir les maîtres '.actuels de la science économique adoptel' cette idée de la propriété collective du sol, qui, lors de son adoption par les travailleurs de l'Internationale, souleva un tolle général parmi le m,rnu fretin de la gent économiste.
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