La Revue socialiste - 1889 - Tome X - vol 02

DES SERVICES PUilLlf.S 727 remarquables de la Grande-Bretagne. Dans les pays où la majeUt'e partie du sol, comme c'est le cas aux Etats-Unis, est encore actuellement. propriété de l'État, il nous pat'aît évident que l~rsque le peuple reconnaîtra la nécessité de mettre fin a l'aliénation de la terre aux particuliers, la question serà très probableme1lt résolue aussi dans le sens de la nationalisation du sol, puisque dans ces pays la terre n'est pas encore, a beaucoup près, entièreme1it détlationalisée, M:lis tout nous porte a c1·oireque dans les pays de petite culture et Llepetite propriété, la question sera plutôt résolue dans le sens de la communalisation du sol,quitte a établir par la suite un certain équilibre, au point ùe vue de l'étendue des tel'rains et de la valeur de ceux-ci, entre le8 possession(communales terriennes des dive1'sesCommunes. Suivant ces différentes solutions, la gestion du domain~ foncier pourrait donc être confiée ici a la Oommtlne, là à l'Étàt. Mais alors surgit une nottvelle qu.estion qui, bien que n'étant pas une question d'actualité, se rattache trop directement à notre sujet pour que nous la passions sous silence. Si la gestion du domaine foncier, c'est...,il,- dire toutes les transactions nécessait'es pour affermer la tElt>reaux individus ou aux groupes cultivateurs doit constitue!' un Service public, on communal, ou national; si certains grands travatix nêcessaires a la préparation du sol pour l'agriculture, tels qM le dessèchement des marais, le drainage des vastes étendues de sol tiiop humides, le défrichement des bruyères,etc., doivent être considérés comme des services publics, l'àgriculture elle-mème,la cttltt1I'eprdprement dite, pourra-t-elle jamais être considérée comrtle Utl sel'- vice pttblio? Malgi<él'importance fondamentale de l'indttstrie ag1·icole,tnàlgré l'absolue nécessité des ,:iroduits agricoles pour la vie it1dividuelle et sociale, il est de fait actuellement que 1·iehmoins que l'agricttlture n'a le caractè1·e d'un service public. Sauf dans qttelques contrées, l'agriculture est de toutes les branches de la product:011 celle qui revêt au plus haut degré le car"actère dï11dustrie privée. Mais en sera-t-il toujours ainsi? Les nécessités agronomiques (qui exigènt impérieusement une limite au morcellement du sol), l1e11fréedu sol à la propriété collective, le remplacement de la cultttr~ morcelée par la culture sur une grande échelle, tottt cela né sern-t-il pàs de nature a changer de fond eh comble les conditions de l'itldrtstrie agricole? Les transformations profondes subies par d'atüi<es bi•anches de la production, sous l'influence du progrès scientifique et. fnùusliriel, ne peuvent-elles nous faite pressehtir celles qtti attendent ' la production agricole? • L'agriculture, il est vrai, est la plus compliquée des industries. es progrès ne dépendent pas seulement des progrès de la rttécani-

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