La Revue socialiste - 1889 - Tome X - vol 02

720 LA REVUE SOCIALIST]l: dans l'école, chacun maître chez lui. Ainsi cependant, la liberté de conscience, autre conquête de la Révolution, est assurée. Le père de famille, qui croit à la nécessité de l'enseignement religieux, est libre de le faire donner à ses enfants en dehors de l'école. L'école est laïque. Libre à M. Freppel de déclarer que la conception de l'Etat enseignant est une conception tausse, qu'elle est le comble de l'absurdité! C'est une conception qui, en dépit de ses diatribes, portera ses fruits pour le plus grand profit de la société moderne, débarrassée enfin des plus bètes superstitions, comme des dogmes les plus démoralisants! * .... M. Freppel ne se contente pas de nous raconter que la Révolution française, en matière d'instruction comme en tout le reste, n'a commis que des sottises ou des crimes. Pour prouver qu'elle est l'événement le plus funeste de l'histoire de France, il est nécessaire de la charger, bon gré malgré, de tous les péchés d'lsraël. C'est elle encore qui a enfanté le militarisme « l'une des plaies les plus profondes et les plus vives de notre temps. » Ah I si le mouvement de 1789 s'était renfermé dans les limites d'une sage et utile réforme! Si l'on avait laissé agir le gouvernement, les nobles et le clergé qui avaient si bonne -volontéet s'étaient pris d'un si bel enthousiasme! Si l'on s'était borné à réparer les erreurs de l'ancien régime, au lieu de précipiter la nation dans les abîmes sans fond, alors les rois n'eussent pas craint pour leurs trônes et formé contre la France les terribles coalitions que l'on sait. Et il n'eût pas été nécessaire de recourir au système ruineux et barbare de la conscription, ni au service militaire obligatoire, en un mot, le militarisme ne fût pas né, etc ... On connaît le proverbe : avec des si on ferait tenir Paris dans une bquteille. Quel procédé facile d'écrire l'histoire! Y a-t-il rien de plus simple? A l'aide d'une hypot.hèse, ou plutôt d'une invention enfantine, l ·auteur délaie toutes sortes de développements utiles à sa thèse. Nous avons suffisamment fait justice, au début de cette étude, de ce « tarte à la crème », qui revient à chaque instant sous la plume de M. l'évêque d'Angers. La Révolution, nous l'avons dit, devait éclater formidable, en raison des résistances des privilégies. Si le militarisme, qui certes est la plaie des temps modernes, est né de la Révolution, ainsi qu'il le prétend, et plus exactement des guerres des deux Empires, la responsabilité première en incombe tout entière au roi, à la cour, aux nobles et aux prêtres qui, par leur insuffisance morale et leur égoïsme, ont rendu la secousse tellement violente qu'elle devait se répercuter au delà des frontières

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