718 LA REVUE SOCIALISTE sant de faire profession d'athéisme et {1emetérialisme, sans songer qu'ils ont le devoir strict de travaille1· de toutes leurs forces a l'amélioration du sort des millie1•sd'êtres humains auxquels, en définitive; aucune compensation n'est rése1·vée dans le ciel. Si la Révolution, ainsi que l'expose M. Freppel, est non seulement l'antithèse du chrü,tianisme, mais aussi la négation des idées surnaturelles de divinité et de vie futm•e, elle conduit los hommes a exiger la justice sm· terre et contient, par conséqnent, en ge1·mele socialisme, si l'on entend pa1· sociafoime, non pas tel ou tel système pa1·ticulier ,et exclusif, maü; l'ensemble ùe: doctl'ines qui ont poue but l'émancipation intelleétuelle, mo,·ale et matérielle des sociétés . . * * Pom· l'Eglise, la question {lutravail n'est, en réalité, que seconr1airo.Celle qui1 pour elle, est capitale et qui tient le plus au cœur de ses cléfenseurR,c'e~t la question de l'enseignement. L'Eglise qui, pendant si longtemps, a exe1·céle :tnonopolede l'instruction, ne peut se résoud1·eà s'en voir dépouillée. Elle veut être maîti·esse souveraine et dominer de haut la société laïque, qui n'a qtte des devoirs envers elle, alo1·s qu'elle a tous les droits1 car elle est reine ou elle 11'est l'ien, comme disait M. de Montalembert. Cependant elle e!:ltencore disposée à user, en attendant mieux, des libe1•tés qui lui ont été coirnorvées. << Notre de"foi1'à tous, lit-on dans un lin'e pieux, e!'ltde prof1ter rles pauvres libertés étranglées que nous avons encore, pour préparer un noyau de générations chrétiennes, fortement trempées dans la foi, anlentes pour la cause de l'Eglise, intelligentes de la vraie liberté., ... ,. Préparer des générations de chrétiens, voilà le but. Aussi bien c'est avec une ferveur toute_chrétienne que M. Freppel revendique pour l'Eglise, a tous les degrés, la fonction éducatrice. Quelle erreur colossale ont commise les Com1ol'cet,les Lakanal, les Lepelletier de Saint-Fargeau, en jetant les base~ de I1instruction obligatoi1•e,g1'atuite et làïque, en prétendant rnoralisei· le peuple par la diffusion de l'enseignement, sans faire appel au secours et à la pratique de la religion ! Il faut être absolument dépourvu de sens pratique et avmr l'esprit teI'mé à tonte obser-vation psychologique et morale, s'écrie M. l'éYec1ue, pour concevoir de pareilles idées. Et il invoque le témoignage c1'IIerhcl't svencer, qtü a écrit que la connaissance de la table <1e multiplication ou la pratique des divisions ne saurait do"\·elo1,pel' les im,tincts de sympathie, ni les dictèes d'orthographe fairè naître le sentiment de la justice. Nous n'avons pas à prendre la défense du philosophe anglais; mais il nous paraît hors de conteste qu'il n'a pa:crnulu conclure de là à la néces!!ité dè l'en~eignement religi~ux.
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