716 LA REVUE SOCIALISTE Faisons gràce aux lecteurs rle toutes ces pages farcies des lieux communs et des banalités d'usage. Il est entendu que fraternité et RéYolution sont deux mots qui hurlent de se trouver ensemble. La Révolution ayant fait litière de toute idée religieuse, devait dèchaîner les instincts les plus bas et les plus égoïstes de la nature humaine; c'est convenu; et nous connaissons l'efficacité de la religion catholique pour réfrener les bas inst.incts et éviter les crimes. L'Église est pure de toute souillure criminelle et l'idée de Dieu suffit a préserver la terre rles plus monst.rueux attentats. C'est dit. N'en parlons plus. Passons au chapitre où M. Freppel traite du « Travail ». Il y a la quelques pages qui méritent qu'on s'y arrète. L'auteur n'a pas de peine a démontrer que la proclamation de la liberté absolue du travail et de l'industrie a eu pour résultat de mettre les faibles et les pauwes a la discrétion <lesforts et des riches. Il ne nous coûte pas de èonstater le bien fondé de ses critiques. Les économistes du xvm0 siècle qui ont inspiré la loi de 1791, sur la liberté du travail et de l'industi 0 ie, considéraient le monde et les phénomènes sociaux, comme régis par des lois naturelles. D'après cela, il suffisait de « laisser faire » pour que l'harmonie universelle résultât du choc des intérêts et des besoins. Cette théorie, si l'on songe à la réglementation surannée qui étreignait, a l'époque, toutes les manifestations de la vie économique, devait plaire aux ardents adversaires de l'ancien régime. Aussi s'empressèrent-ils de la faire passer dans la pratique, sans prendre garde aux conséquences. Et d'ailleurs, en 1789, pouvaient-ils prévoir tous les effets de l'application de cette doctrine, eilet.sbienfaisants et désastreux en même temps? Bienfaisants - car sous l'influence de la concurrence illimitée, les forces productrices ont pris un essor inconnu jusqu'alors, les découvertes ::;cientifiquesont surgi tous les jours plus merveilleuses, en un mot, l'industrie humaine a triomphé de plus en plus des fatalités naturelles; désastreux, disons-nous - car les travailleurs réduits tontoujours a la portion congrue, n'ont pas profité de l'accumulation des richesses, et, de plus, à la stabilité des moyens d'existence que leur assurait la corporation, ils ont vu succéder l'ère des crises, des chômages et de la misère (1). Et M. Freppel n'a pas tort, lorsqu'il constate les résultats : « Une concurrence effrènée, une lutte pour la vie où chacun, réduit a ses seules forces, cherche a l'emporter sur les autres, au risque d'entraîner leur ruine; une mêlée, où l'on se foule aux pieds, c'est-a-dire en résumé, l'oppression en haut, la servitude eu bas, l'antagonisme partout et l'union nulle part. » Tel est bien, en effet, le tableau de l'état d'anarchie écono- (1) De Laveleye. Le Socialisme contemporain,
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