. LA .RÉVOLUTION ET L'ÉGLISE 715 par ses agents; l'État juge unique, administrateur unique, institutem• et professeur unique, voilà ce que nous a donné la Révolution, tout excepté la liberté! La liberté exaltée par l'Eglise catholique, voila du nouveau. Elle qui a fait peser sur les gouvernements et sur les peuples une tutelle de fer, elle qui a été la maîtresse absolue des consciences, elle qui a anéanti la pensée, fait la nuit dans le monde, des siècles dUL·ant,qui a emprisonné, bPûlé, assassiné sous 1wétexte d'hérésie. la voilà q1ü pleure ses privilèges à jamais disparus et qui revendique la liberté ravie! Ah! le temps n'est plus où l'Eglise était au-dessus des peuples et des trônes, où, compa11éeau soleil et à l'or pur, elle étendait sa lourde main sur tous les po1ivoi11sL. e bon temps est passé. La Renaissance avec tout son hrillant cortège de poètes, de littérateurs et. de savants a percé les ténèbres du moyen-âge et fait brèche dans le vieil édifice catholique. La Révolution enfin est venue, émancipant la conscience et la pensée, donnant à l'homme ses droits, et rendant a l'Etat ses prérogatives. Le pouvoir civil a conquiRson indépendance. L'Etat moderne, inca11nant la science, la libePté, la justice devient l'a.gent du progres, l'initiatem· de l'ayeùir, comme l1Eglisea été, pour le malheur de l'humanité, la dispensatrice des deuils et des misèPes. Mais la lutte n'est pas tePminée, l'Eglise n'a pas désarmé. L'Etat devra se defendl1e jusqu'.au jour du triomphe définitif, conti1e son éternelle ennemie. Aujoupd'hui, comme toujours, elle aspiPe a la suprématie universelle; mais, se sentant amoindrie, disc11éditéo, elle se fait humble et se modemise. La voilà qui combat au µom de la liberté! Que demande-t-elle en ROmme 't Oh! peu de chose, n'étant rien dans l'Etat, elle voudrait. au moins avoir un pied dans les communes. Qu'on donn~ a celles-ci le d1 1oit clerégler la question de l'enseignerneut, et elle sera satisfaite. Ainsi, dans nombriede villages en France où son influence est enoore p1 1épondé11ante,les enfants riecevraient une instruction oonfoPmeaux. traditions du oatholioisme. M. Freppel est décentralisateur, à sa manièT'e.Mais dût-il sangloter sur le malheuP des temps, il y a toute apparence que oe qu'il réclame pour l'Eglise, lui se11arefusé. La Révolution a fait des élèves. Au surplus la « libertè, comme parle Leibnitz, n'est" pas due a ceux qui ne veulent s'en sePvir que pouP enseigner à haïr et à renverser toutes les libe1 1tés. » Faut-il suivre l'auteur dans ses considérations sur l'ÈJgalité, destructive de toute hiérarchie, sur le suffrage universel, le gPand danger du siècle, sur la Fraternité, qui est d'essence ch11étienne,etc. 1 .
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