La Revue socialiste - 1889 - Tome X - vol 02

714 LA REVUE SOCTALrSTE Révolution comme dangereuses pour leurs trônes et les repoussent comme de mauvais rêves, c'est possible; mais les peuples se sont nourris de ses doctPines, et ce n'est pas un paradoxe de dire que la Révolution a fait le tour du monde: u Ce fut une glorieuse aut1ore ! dit Hegel, tous les êtres pensants pl'irent leur part de la fête. Une émotion sublime s'empara de toutes les consciences et l'enthousiasme flt vib1 1er le monde, comme si l'on eût vu s'effectuer, pour la première fois. la réconciliation du ciel et de la tene ! » Oes paroles ne sont pas exagérées si l'on songe avec quelle allégresse les idées· du dePDier siècle ont été accueillies par toute8 los nations. « Du reste, écrit le J)• Robinet, à la fin 1luxvm0 siècle, la France n'ôtait pas seule, à éprouvee do tels élans; et partout où il y avait, danAlo monde, mais surtout en Occident, des natures élevéos, instruites et dégagéos des chaînes de l'égoïsme et de l'ignorance, cette élito était de cœm· et d'ùme avec nos pères de 1780 et de 1702. (1) ,, Faut-il citer les noms de Fichte. Schelling, Schiller, Klopstock, Sœmmering, Arndt, Forster, ·wedekind, en Allemagne, Gusman, Olaviclés, Ma1·chena, Pio, Pestalozzi, Oeracchi en Espagne et en Italie; Jerémie Bentham, Price, Ola1·kson, Paine, Fox, Stanhope, ShePidan, etc,., en AngletetTC. Mais à quoi bon rechercher le témoignage des penseurs étrangers! M. Freppel ne peut entendre. Etant avant tout catholique, il ne s'enorgueilliPa jamais de ce qui constitue, pour toutes les intelligen~es émancipées, la gloire la plus pure et la plus itupérissable de la Patrie française. * Dans tout le cours de son ouvrage, il juge les chosoR, sa crosse d'évêque à la main, il voit les événements a travers les vitrmix peints des cathédrale:-;, il envisage les questions avec l'image de l'J~glise affaiblie, diminuée, devant les yeux. C'est à peine s'il peut dépouiller sa robe violette et penser en citoyen, dans toutes les considérations - qu'il- émet sur la liberté, l'égalité, la fraternité, la propriété, le traYail, l'instruction, dans leurs rapports ayec la Révolution française. La liberté? M. Freppel s'en fait le défenseur ardent. Un peu plus il fredonnerait: Liberté, liberté chérie! Mais il préfère gémir. La RéYolution a organisé la, tyrannie, ses doctrines nous ont conduits au despotisme. La liberté? On ne la voit nulle part. L'Etat maître absolu, l'Etat nommant à toutes leE fonctions publiques, par lui-même ou (1) Dr Robinet. Danton émigré p. 1.41.

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