La Revue socialiste - 1889 - Tome X - vol 02

LA RÉVOLUTION ET L'ÉGLISE 713 l'athéisme de Diderot, d'Helvétius et de d'Holbach. Tels sont bien, en effet les précurseurs, les guides naturels du grand ébranlement social qui a bouleversé le vieux monde; et il est à jamais regrettable que l'influence de Rousseau ait été prédominante par Robespierre. S'il eût pu en être autrement, beaucoup de sang eût été épargné et la Rèvolution n'eût pas été guillotinée en la personne de ses enfants les plus chers et les plus indispensables, à la plus grande honte de l'apôtre de l'Être suprême et de l'immortalité de l'àme. Car c'est au uom de ces dogmes qu'ont été commis les crimes les plus impardonnables de cette époque, comme c'est toujours au nom de Dieu ou de l'Église, qu'ont été perpétrés les plus affreux attentats que mentionne l'histoire. Et M. Freppel parle de forceqés, de scélérats tel<;qu'on n'en a jamais vu sur la scène du monde! Oui 1on en a vu sur la scène du monde des forcenés et des scélérats, auprès desquels les plus farouches des révolutionnaires ne sont que des moutons d'églogue, et ceux-là ont sur la conscience les hauts faits de l'Iuquisition, le massacre des Albigeois, le massacre des Hussites, des Vaudois. les tueries de la Saint-Barthélemy, la révocation de l'édit de Nantes, la Teneur blanche et autres exploits sanglants ! Et M. Freppel prend des airs horrifiés quand il prononce 93 ! Eh! monsieur l'évêque, faites votre compte, nous ferons le nôtre et nous verrons de quel côté est la scélératesse! Mais il n'insiste pas sur les excès et les crimes de 1793. Le terrain est mauvais. Ce n'est pas là, d'ailleurs, qu'il veut chercher le côté doctrinal de la Révolution. c·est d·un esprit sensé. Nous l'avons dit, pour lui avant tout, la Révolution est l'anttthèse du christianisme. Rien de plus vrai. Le Christianisme étant inséparablement .lié à l'ancien régime, l'un ne pouvait être èbranlè, aimi que l'observe Henri Heine, tant que l'autre eût c:mtinué d'exercer son influence sur la multitude. C'est pourquoi, encore aujourd'hui à cent ans de distance, le cri : « Ecrasons lïnfàme ! » a trouvé son écho : << le cléricalisme, » voilà l'ennemi 1 * ~ * Mais si l'auteur a ainsi très bien posé la question, il devait - dans son aveuglement de représentant de l'Église - arriver aux assertions les plus fausses, pour ne pas dire plus. A l'entendre, pas un peuple n'a subi l'influence de la Révolution, pas un état civilisé n'admet les principes « de cette prétendue régénération du genre humain »; et la preuve, ajoute-t-il, en est dans la répulsion qu'ont montrée les nations européennes a venir célébrer le centenaire de 17891 Que les souverains étrangers considèrent les idées de la

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