68 LA REVUE SOClALlSTg cause des difficultés inextricables au milieu desquelles se débat. notrP-époque contemporaine. 1 C'e. t la transformation normale du serf en citoyen, accouplée ayec cette auti·e transformation monstrueuse, du citoyen en prolétaire. SuiYOnsla filière de cet étrange anomalie. Le christianisme, en proclamant que tous le: hommes étaient égaux, rleYant la suprême impartialité du Dieu unique, qui Yenait remplacet' le polythéisme païen; le christianisme, disons-nous,ayait nettement posé le dogme de l'égalité, dans sa conception la plus large. Mais, en se basant sur la recommandation de Jésus: « de rendre à César, ce ,qui appartenait à César l> ses continuateurs ne trouyèrent rien rle mieux que de prêcher la soumission aux puissants de la terre et reléguèrent dans le ciel, un nivellement, qui ne pou-mit s'accorder, ni ayec l'intérêt monarchique, ni ayec l'intérêt sacerdotal. Nous ayons YU combien l'entente est naturelle et facile, entre le trône et l'autel, et nous ne deYOns guère nous étonner de cette éYolution que, dans ·on incontestable bonpe foi, l'illuminé de Nazareth n'ayait probablement pas prén10. Cette interprétation spiritualiste <l'une idée d'égalité, qui n'ayait de yalenr progressiYc, qu'à la condition de receyoir une application tenestrc, donna une prolongation d'existence de dix-huit siècles, à tous les absolutismes qui s'étaient déYeloppés dans le monde ancien. Il fallut tout ce temps pour matérialiser cette idée d'égalité. Toutes les tentatiyes d,·s ini tiatem·s, les réYoltes, les Jacque,·ies, les scissions religieuses, les chai·tcs communale:-:;,lt>s oscillations populaires, les génies rnal'tyrs qui tombaient sur la b1·èche, les tortures, les échafauds, tout cela Yint lentement se condenser dans le mouYement philosophique du xvme siècle, aboutis:-ant à la dé- / claration des droits de l'homme et du citoyen, c'est-à-rlü·c à l'aYènemcnt, jusr1ue-là Yainement. espéré, c1·u11créelle et û:atel'llelie égalité C'était, au moins, cc que 1·haient les hommes de la RéYolution; mais, comme le Nazaréen, ils ne Yi1·rnt pas que la route qu'ils pensaient tracer si fll·oite, ayait une bifuecation iinisiblc, qui ramenait fatalement en a1·rière. Proclamer l'égalité de clroits était bien•; mais, c était insuffisant.. Il fallait à cette déclaration, une sanction, un complément pratique; il fallait assurer à chacun la possibilité de faire yaloir ses droits; il fallait une possession réelle et non un titre illusoire. Cette sécu1·iténous manque et c'est la que réside la <léYiation que nous ayons signalée.
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