708 LA REVUE SOCIALISTE conspiration, comme on les appelle - quoiqu'ils ne se connussent même pas avant le jugement, - ont été dénaturées et salies par une des plus heureuses conjurations de « vautours sociaux » dont l'histoire fasse mention. Je ne connaissais aucun des accusés, lorsque j'entrai pour la première fois dans la cour de justice pendant la comédie appelée jugement. Je n'en étais informée que par les journaux. En conséquence, je m'attendais à voir une rare collection d'hommes stupides, vicieux, à face patibulaire. Quel fut mon étonnement de ne trouver que des figures intelligentes et bonnes. Du coup, je fus intéressée. Bientôt je me convainquis que les officiersde la Cour, la police, étaient bandés contre ces hommes, non point en raison d'un crime quelconque, mais en raison du lien qui les rattachait au mouvement ouvrier. Pénétrée d'un sentiment d'horreur, produit parce que je pus voir et entendre, et aussi d'un sentiment de justice, je me résolus à me ranger du côté dP-spersécutés. Désireuse de mettre au jour mes sympathies et de découvrir le moyen de rendre service à ces désespérés, je visitai, en compagnie de ma mère, la noire prison où ils passaient les chauds mois d'été. c·est à cette époque que je fis connaissance d'August Spies. Les mois suivants, cette liaison se fortifia. Toute âme bien née conviendra avec moi qu'avant de se prononcer sur une question aussi importante que celle des anarchîstes de Chicago, il est bon d'en connaître les deux faces. Or une seule, jusqu'ici a été présentée au public : l'accusation. Les journaux ont refusé presque unanimement de laisser paraître dans leurs colonnes le moindre témoignage à décharge. En présentant cet essai de défense à mes compatriotes, j'ai pleine confiance en l'impartialité avec laquelle ils ont la réputation de juger les affaires publiques et les hommes publics. En terminant, je <loisprévenir le lecteur que c'est seulement sur les instantes supplications de ses amis et de moi-même qu'August Spies a fourni les notes et renseignements qui suivent et en a permis la publication. Chicago 1887, NINA VAN ZANDT. P. S. Depuis le commencement de la publication de ce petit livre et avant qu'il fût terminé, un événement survint qui, par le caractère à sensation que lui donna une presse dégénérée, exige quelques mots d'explication. Ma sympathie pour les prisonniers persécutés et illégalement poursuivis, se changea bientôt en un sentiment. d'amitié pour M. Spies, lorsque je :fissa connaissance personnelle. De cette amitié sortit avec le temps, une forte affection. Comme
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